Monthly Archives: Jan 2015

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Le crowdfunding à la loupe en Lorraine

Article paru dans Tablettes Lorraines | 03/11/2014 | Emmanuel Varrier

Le 7 novembre, le Tour de France de la finance participative, organisé par Financement Participatif France, fait étape en Lorraine à Metz. Objectif : faire le point sur cette fameuse pratique de crowdfunding de plus en plus en vogue.

De 5 000 à 1 million d’euros de levée de fonds possible grâce au crowdfudning, le fameux financement participatif. Cette pratique made in USA en vogue, notamment, pour son aspect collaborateur, vient de faire l’objet d’une réforme réglementaire: celle de l’apparition d’un véritable statut de « conseiller en financement participatif ». C’est une réalité en France depuis le 1er octobre, histoire de faire un peu le tri dans les plates-formes de financement participatif. « Elles doivent désormais obtenir ce statut auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) », déclarait dans nos colonnes fin septembre Stéphanie Savel, présidente de la plate-forme Wiseed.com à l’origine de cette réforme réglementaire.

54 000 projets financés

Ce point important devrait être mis en avant le 7 novembre prochain au Conseil Régional de Lorraine à Metz. L’exécutif régional avec la direction régionale de BPI France et CCI 02 Bilan accueillent une étape du Tour de France de la finance participative, organisé par Financement Participatif France. « Le financement participatif est l’objet d’un essor considérable. Avec un doublement annuel des volumes à l’été 2014 se sont déjà plus de 54 000 projets qui ont été financés en France par plus d’un million de personnes », assurent les organisateurs. Reste que la jeunesse et la diversité du crowdfunding en rendent sa lecture difficile pour un créateur d’entreprise. Pré-vendre, emprunter, lever des capitaux proposer est pourtant possible aujourd’hui, reste à bien être aiguillé et accompagné dans cette aujourd’hui véritable jungle du crowdfunding.

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La finance participative n’est pas mon ennemie…

 Article paru dans Le Monde.fr | 03/10/2014

 

Le 24 septembre, la première étape du tour de France de la finance participative organisé par « Financement Participatif France » et Bpifrance, se tient à Nantes, en Pays de la Loire. Notre région a été la première, en 2009, à lancer un emprunt populaire auprès des particuliers. Plus de 80 millions d’euros furent rassemblés pour financer un plan anti-crise. Ces fonds ont servi à construire, notamment, des lycées. La communication de la région avait alors marqué les esprits : « nos actions ne sont pas côtées en bourse, elles profitent à tous ». Nous avons renouvelé l’opération en 2012, et l’épargne des habitants des Pays de la Loire (plus de 100 millions d’euros cette fois-ci !) a servi à financer de l’innovation, des investissements et des créations d’emploi dans les PMI et PME du territoire.

Mais les grandes collectivités publiques ne sont pas les seules à appréhender différemment leur financement. Après la crise de 2008 et les dérives de la financiarisation, un vent nouveau souffle. En plein développement, tiré par des citoyens qui veulent donner un sens à l’usage fait de leur épargne, le financement participatif, ou « crowdfunding », ouvre de nouvelles opportunités.

Le « crowdfunding » est par nature populaire puisqu’il rassemble littéralement une « foule » autour de projets. Le développement des plateformes numériques crée de véritables communautés, en charge de sélectionner, de soutenir, puis de permettre la réalisation d’idées qui, sans elles, ne pourraient exister. Des épargnants citoyens se réapproprient la finance ; et décident de ses priorités.

La finance participative n’est pas réservée aux projets très innovants, ni à la sphère des geeks. Des projets bien installés savent susciter l’adhésion et mobiliser, en complément de leurs ressources habituelles, des apports individuels nouveaux. C’est par exemple le cas du Festival Interceltique de Lorient. Des entreprises aussi, telle la société Canibal à Gennevilliers, qui crée des machines de recyclage des emballages de boisson et qui levé 1,7 millions d’euros pour assurer la stabilité financière de son modèle et renforcer son parc de machines.

Plus de souplesse, plus de transparence, de la rapidité dans les décisions prises par les internautes et donc dans la levée de fonds, voilà la recette de ces nouveaux outils et voilà ce qui explique leur succès.

Pour les acteurs publics, l’enjeu majeur du financement participatif est de rendre locale l’utilisation de l’épargne. Aux côtés des grandes plateformes qui font parler d’elles (MyMajor Company, KissKissBankBank, ou Ulule), le développement de plateformes locales permettra de créer un « circuit court de la finance ». Les collectivités territoriales, et notamment les régions chefs de file du développement économique, peuvent favoriser et accompagner l’émergence de plateformes pionnières. L’objectif est de trouver des solutions financières pour des projets locaux qui n’ont pas accès aux circuits traditionnels de financement, mais qui constituent néanmoins des projets clés pour l’avenir des territoires. C’est par exemple le cas du financement de l’accès au foncier et de l’installation des jeunes agriculteurs qui se heurtent pour le moment à un manque d’ingénierie financière. C’est aussi le cas de l’agroalimentaire. My New Start Up, plateforme dont le siège social se situe à Nantes, soutient le projet « En direct des éleveurs », dont le besoin financier est estimé entre 800.000 et 1 million d’euros pour pouvoir démarrer les travaux d’une laiterie de nouvelle génération, avec pour objectif la transformation et la vente directe par les éleveurs.

Construit pour répondre à des objectifs de développement local, le financement participatif peut devenir un pilier du retour à une économie de la coopération. Une économie loin des dérives spéculatives, qui replace l’humain au centre des échanges, qui redonne de la proximité, qui recrée de la force collective et du lien social. Car confiance et solidarité sont essentielles à la créativité, à l’innovation ! Contrairement à ce qu’affirme le credo libéral, il n’y a pas que la concurrence qui pousse à innover ! Un environnement solidaire, se savoir soutenu, mis en confiance, c’est essentiel pour prendre des risques.

Nous allons créer en Pays de la Loire un label du « crowdfunding » local. Notre vocation, pas plus que celle du secteur bancaire traditionnel, n’est pas de nous substituer aux initiatives des plateformes privées. En revanche, les pouvoirs publics doivent veiller au respect d’une réelle éthique et aux garanties apportées aux épargnants qui s’engagent. Pour que cette nouvelle finance attire vraiment les foules … et qu’elle permette à tous ces porteurs de projet, de la culture à l’innovation industrielle, lassés des portes closes, de libérer leur créativité et de tenter leur chance.

Christophe Clergeau est premier vice-président de la Région Pays de Loire

 

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Le crowdfunding dans l’immobilier est-il risqué ?
 Article paru dans la Tribune| 11/01/2015 | Par Mathias Thépot
Comme d’autres avec lui, le secteur de l’immobilier s’est mis à la mode du crowdfunding (financement participatif) dans le neuf et désormais dans l’ancien. Mais les risques inhérents à ce type d’investissement sont à prendre très au sérieux.

Après avoir touché plusieurs secteurs de l’économie, le financement participatif (crowdfunding) a récemment été adopté par le monde de l’immobilier. Il s’est dans un premier temps popularisé dans l’immobilier neuf où plusieurs plateformes ont déjà émergé (Anaxago, Wiseed, Lymo.fr, etc.), puis dans l’ancien où quelques expériences se lancent ou sont sur le point de se lancer (Homunity, Crowdimo Invest, etc.). Leur but premier? Permettre à des particuliers de prendre des parts dans des opérations de construction, de rénovation, de location ou même de viager. Les tickets moyens des projets lancés vont pour l’instant de 5.000 à 45.000 euros et les montages juridiques se font le plus souvent via la création d’un holding qui chapeaute une société civile de construction vente (ou SCCV) ou une société civile immobilière (SCI).

Une aide pour construire plus de logements?

Les levées de fonds auprès des crowdfunders permettent, dans le neuf, d’apporter des fonds propres supplémentaires aux promoteurs de taille moyenne qui financent leurs opérations en grande partie par la dette. Grâce soutien du crowdfunding, ils pourraient ainsi accroître globalement leur production de logements, à un moment où l’on dit que le pays est en manque de logements à prix abordables.

L’investisseur particulier pourra, de son côté, partager la marge du promoteur, ce qui, en plus de lui apporter des rendements confortables si l’opération se commercialise bien, apportera davantage de transparence. On a en effet parfois reproché aux promoteurs l’opacité entretenue sur leur marge.

Prudence…

Le crowdfunding dans l’immobilier s’intègre aussi parfaitement dans la mouvance de l’économie du partage qui permet de donner un sens à son investissement. Mais il ne faut cependant pas s’emballer. Paul Jarquin, président de la société immobilière REI et fin observateur du crowdfunding, avertit sur les dangers de fuite en avant liés au crowdfunding dans l’immobilier:

« Contrairement à ce qui peut être évoqué dans les campagnes de communication de certaines plateformes, le crowdfunding n’a rien à voir avec un livret A ou un plan d’épargne logement (PEL), c’est un investissement financier qui comporte des risques« , dont le plus important est de tout perdre.

Pour éviter la casse, « les investisseurs doivent s’imposer un principe de prudence ; il faut se renseigner sur les structures qui proposent ce type d’investissement et s’assurer des garanties financières« , ajoute-t-il.

Dans le neuf par exemple, il semble indispensable que la garantie financière d’achèvement (GFA) soit bien engagée avec les banques pour limiter les risques de sinistre sur les chantiers, ainsi que les risques de commercialisation. Lorsqu’une GFA est prise, c’est l’assurance que le programme se fera, même si les rendements peuvent toujours être diminués tant que l’intégralité du programme n’a pas été commercialisée.

informer les investisseurs

Bien sûr, la situation du bien et le prix auquel il est acheté sont des éléments importants à connaître avant chaque investissement immobilier. De même, pour les locations dans l’ancien, la qualité du locataire, du gestionnaire et les modalités de sortie de l’opération sont des données fondamentales. A ce titre : « Les sites doivent émettre des avertissements explicites sur les risques liés à l’investissement, et l’investisseur ne peut souscrire qu’après avoir complété un questionnaire approfondi« , explique l’Autorité des marchés, sur le site Challenges.

Des règles de déontologie s’imposent donc déjà aux acteurs de ce secteur, même si, en comparaison avec les sociétés de financements « classiques », le cadre juridique du crowdfunding dans l’immobilier est encore mal défini.

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Crowdfunding : nouvelles mesures fiscales pour les particuliers

Article paru dans 01 net| 06/01/2015 | Par Marie Jung

Depuis le 1er janvier, les particuliers passant par les plateformes de financement participatif pour investir dans des startups ou des PME bénéficient d’avantages fiscaux supplémentaires.
« 2014 aura été l’année du crowdfunding avec une nouvelle réglementation en vigueur et de nouvelles mesures fiscales votées » se félicite Stéphanie Savel, PDG de Wiseed. Depuis le premier janvier, les particuliers passant par les plateformes de Crowdfunding pour investir dans des startups ou des PME bénéficient d’avantages fiscaux supplémentaires. Plus particulièrement, ce sont les membres des sites utilisant des holdings d’actionnaires qui sont visés par la nouvelle réglementation.
Les plateformes spécialisées dans l’investissement participatif se répartissent en deux catégories. La plupart proposent aux investisseurs d’être directement actionnaires des structures comme HappyCapital, Particeep ou Smartangels. Les autres regroupent les investisseurs dans une holding comme FinanceUtile.com et WiSeed ou choisissent de créer des holdings selon les cas comme Anaxago. Les particuliers qui investissent dans une société via FinanceUtile.com ou WiSeed bénéficient maintenant des mêmes réductions d’impôts que les autres plateformes.

Des réductions d’impôts via l’ISF ou l’impôt sur le revenu

De manière générale, trois avantages fiscaux non cumulables sont possibles et sont choisis au moment de réaliser l’investissement. « À leur entrée au capital, les particuliers sont éligibles à une réduction de 50 % de l’ISF (Impôt sur la fortune) et de 18 % de l’impôt sur le revenu. Et, s’ils choisissent de passer par un PEA (Plan d’épargne en actions) pour investir dans la société, ils bénéficieront de la fiscalité sur les plus-values en vigueur pour les PEA » explique François Carbone, fondateur d’Anaxago.
Quelques conditions doivent cependant être remplies par les sociétés dans lesquelles l’investissement est réalisé. Les sociétés de moins de 5 ans lorsqu’elles respectent certains critères d’activité permettent de choisir entre les trois types d’avantages fiscaux (ISF, IR et PEA). Les sociétés entre 5 ans et 8 ans donnent droit à l’ISF et au PEA. Ensuite seul le PEA est accessible.

Une démocratisation de l’investissement dans les startups

Stéphanie Savel lors des assises de la finance participative à Bercy fin 2014
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Enfin, pour les plateformes passant par des holdings, les avantages fiscaux n’étaient jusqu’ici accessibles qu’aux holdings jusqu’à 49 actionnaires et employant deux salariés dans l’année suivant l’investissement. Ces deux limites ne sont plus d’actualité grâce à la loi de finance rectificative votée à la fin de l’année dernière. « La suppression de la limite à 49 actionnaires maximum est la mesure la plus importante en equity pour que les particuliers puissent bénéficier des réductions fiscales dans le cadre d’un investissement dans une entreprise non côté » commente Stéphanie Savel.
L’autre contrainte, concernant le nombre de salariés des holdings, permet surtout d’être plus souple dans la gestion administrative des holdings et de mutualiser les ressources s’en occupant. Avec 47 entreprises accompagnées depuis sa création en 2008, WiSeed doit, du même coup, gérer un nombre non négligeable de holdings.
Au final, « ces mesures apportent plus d’équité fiscale en autorisant les petits investisseurs à bénéficier de déductions fiscales » se félicite Stéphanie Savel. Plus les tickets proposés aux investisseurs sont faibles, plus le nombre d’actionnaires grandit dans la holding. Pour résoudre le problème il était toujours possible d’augmenter le montant du ticket minimum, mais cela écarte de fait les petits investisseurs. « Ces réductions démocratisent l’investissement dans les entreprises non cotées » conclut Stéphanie Savel.
Si ces mesures aideront sans doute certains particuliers à se lancer dans le crowdfunding, leur impact ne sera pas nécessairement très fort. « Ces bénéfices fiscaux sont un élément facilitateur, mais pas essentiel pour sauter le pas » explique Stéphanie Savel.
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Le Crowdfunding : nouvel eldorado pour les entrepreneurs ?

Article paru dans Les Echos | 14/01/2015 | Par Aude Le Tannou / Avocat, cabinet SBKG

Avec le Crowdfunding, l’entrepreneur a trouvé une véritable source de financement alternative ou complémentaire aux banques et acteurs traditionnels du private equity, mais il doit rester vigilant.

Les entrepreneurs peuvent faire financer en fonds propres leur projet entrepreneurial par les internautes qui recevront en contrepartie des titres de la société portant ce projet ou de la holding créée par la plateforme de Crowdfunding à l’effet d’investir dans ladite société.

Le statut de ce type de financement – autrement dénommé Crowdequity ou equity-Crowdfunding par opposition au financement par don ou financement par prêt – a été renforcé cette année par la mise en place d’un cadre juridique résultant notamment de l’ordonnance du 30 mai 2014 et du décret du 16 septembre 2014, entré en vigueur le 1er octobre 2014. Les deuxièmes Assises du financement participatif qui se sont tenues le 11 décembre 2014 à Bercy ont été l’occasion de constater les premières applications de cette réglementation et de soumettre des propositions complémentaires.

Les avantages du Crowdequity sont nombreux pour l’entrepreneur :

– Faire valider par les internautes son idée entrepreneuriale, créer une communauté de clients-investisseurs autour de son projet et augmenter la visibilité de la société,

– Palier à la frilosité des banques et des acteurs traditionnels du private equity ayant des réticences à financer les besoins en fonds de roulement des sociétés en phase d’amorçage, par nature de petite taille,

– Lever rapidement des fonds auprès d’un public de plus en plus important puisque selon l’Observatoire du Crowdfunding (étude organisée au mois d’octobre 2014) 23 % des Français envisagent de participer à une campagne de Crowdfunding dans les 12 prochains mois,

– Être exempté de la publication d’un prospectus auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) jusqu’à 1 000 000 d’euros de fonds levés par année.

Toutefois, si les plateformes de Crowdfunding et la nouvelle réglementation ont pour objectif de mettre en place des modalités de financement de plus en plus simplifiées, rapides et sécurisées, l’entrepreneur doit rester vigilant et se poser plusieurs questions :

Mon activité se prête-t-elle au Crowdfunding ?

Non seulement la mise en place d’une campagne de Crowdfunding implique d’y consacrer du temps, de donner des informations stratégiques parfois convoitées par la concurrence, mais elle peut se révéler infructueuse si le projet est difficilement lisible pour le public, car trop technique par exemple, ou encore que le risque est trop élevé ou que le retour sur investissement est trop lointain. Or, l’échec d’une campagne de Crowdfunding risque de porter préjudice à l’image du projet non seulement au niveau des consommateurs, mais également des autres acteurs du financement.

Quelle plateforme de Crowdfunding choisir ?

L’entrepreneur est aidé dans sa sélection par le label créé par la nouvelle réglementation. Les plateformes peuvent en effet être immatriculées auprès de l’ORIAS en qualité de Conseiller en Investissement Participatif (CIP) après examen par l’AMF d’un dossier relatif à la compétence des dirigeants et au fonctionnement du site web. 5 plateformes bénéficient à ce jour du statut de CIP : Anaxago, Lumo, Sowefund, Wiseed et Raizers SAS.

Les plateformes peuvent également bénéficier du statut de Prestataire de Services en Investissement (PSI) agréé par l’ACPR. Les critères de choix peuvent également porter sur le montant de la rémunération de la plateforme et le niveau d’assistance de cette dernière dans la mise en place de campagne de Crowdfunding ainsi que la gestion des relations avec les associés après l’investissement.

Les statuts de ma société sont-ils conformes à la nouvelle réglementation encadrant le Crowdfunding ?

Nombreux sont les entrepreneurs qui ont recours à la souplesse du cadre juridique de la société par actions simplifiées (SAS) pour créer leur structure. Or, le législateur a choisi de restreindre cette souplesse lorsque la SAS a recours au Crowdfunding. Certaines règles du régime plus strict des sociétés anonymes s’appliquent automatiquement à la SAS dans ce cas : la règle de proportionnalité du droit de vote à la quotité du capital détenu, sous quelques réserves, ainsi que les règles de convocation et tenue des assemblées générales. Ces règles sont également applicables à la SAS dont les titres sont détenus par une holding qui a recours au Crowdfunding.

Saurais-je gérer l’augmentation du nombre d’associés induite par la levée de fonds auprès d’un large public ?

La multiplication du nombre d’associés a, tout d’abord, pour effet de diluer la participation des fondateurs, mais également de multiplier leurs obligations auprès des nouveaux associés. L’entrepreneur devra en effet respecter des obligations de transparence et d’informations régulières des nouveaux associés, ce qui peut s’avérer lourd à gérer. Afin de limiter les interlocuteurs, l’entrepreneur pourra privilégier les plateformes qui organisent l’investissement des internautes au sein d’une holding qui elle-même investit dans la société.

La documentation signée dans le cadre du Crowdfunding prend-elle en compte mes objectifs à moyen ou à long terme ?

L’entrepreneur doit apporter une attention toute particulière à la documentation signée avec la plateforme, comme le pacte d’associés, afin de ne pas compromettre sa stratégie à moyen long terme : est-il envisagé de faire entrer de nouveaux investisseurs, dans un second temps, après le Crowdfunding ? De revendre la société ?

Si l’entrepreneur décide d’avoir recours au Crowdfunding, il trouvera, grâce à ce nouvel outil qu’offre Internet, une formidable source d’optimisation et de développement.

Article co-rédigé avec Philippe Schmidt, avocat associé au sein du cabinet SBKG

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Salon des entrepreneurs 2015 : restauration, numérique et crowdfunding à l’honneur

Article paru dans Chef d’entreprises.com | 15/01/2015 | Eloïse Cohen

 

Les 4 et 5 février, le Salon des entrepreneurs 2015 donnera le pouls de l’entrepreneuriat français. Outil pratique et espace de rencontres et d’échange, l’événement est consacrée à trois grandes tendances : la restauration, le financement participatif et le numérique. 60000 visiteurs sont attendus.

Pierre-Antoine Granjon, Frédéric Mazzellaou encore Vincent Ricordeau y seront. Manuel Valls, Pierre Gattaz, Carole Delga aussi, tout comme le chef Thierry Marx et le champion olympique Edgar Grospiron. Consacré à la création et au développement des entreprises (transmission, reprise, franchise, financement, innovation), le Salon des entrepreneurs 2015 réunira, les 4 et 5 février, au Palais des Congrès de la Porte Maillot, 150 personnalités économiques, politiques et institutionnelles. Et s’ils font le déplacement, c’est que l’événement, avec ses 400 partenaires et exposants et ses 200 conférences et ateliers, devraient attirer 60 000 visiteurs.

Outil pratique et espace de rencontres, d’échanges et de business, le SDE se veut également le révélateur des nouvelles tendances entrepreneuriales. C’est pourquoi, cette année, il fait la part belle à trois secteurs : la restauration (avec la présence de La Ruche qui dit oui, Bagel Corner, etc.), le numérique (avec l’espace inédit Small Business Tech et le village Start-Up factory dédié aux jeunes pousses du numérique) et le financement participatif. Et sur ce thème, la manifestation, organisée par le groupe Les Echos, réussit à rassembler la totalité des leaders du secteur (KissKissBankBank, Ululle, MyMajorCompany, Lendopolis, HelloMerci, Unilend, Anaxago, Widded, Axiona, etc..). L’inscription, gratuite, se fait ici.

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Le crowdfunding régional tisse sa toile

Article paru dans La Tribune Objectif Languedoc-Roussillon | 15/01/2015 | Amandine Ascensio

 

Une réunion thématique, organisée à Montpellier le 15 janvier par la CCI L-R, le prouve : le financement participatif des projets d’entreprises, ou d’entreprises elles-mêmes, mobilise les acteurs régionaux. Entre accompagnement et création de plates-formes plus ou moins spécialisées, les initiatives se multiplient.

Les acteurs de l’économie régionale, et notamment ceux actifs dans l’aide à la création d’entreprise, regardent tous attentivement la multiplication des plates-formes de financement participatifs qui attirent les porteurs de projets : le financement d’un projet restant toujours compliqué à mettre en œuvre, le crowdfunding, ou financement par le public, reste une bonne option pour lever des fonds, mais également valider un marché pour son produit. Un système qui remporte tellement de suffrages qu’en France, quelque 37 plates-formes ont déjà été recensées par bpifrance. Sans atteindre un nombre aussi record, en région, certaines des plates-formes se créent avec des spécificités.

C’est notamment le cas du réseau Initiative France, spécialisée dans l’aide à la création d’entreprise par l’octroi de prêts d’honneurs (comprendre à taux zéro) et dont l’antenne régionale ambitionne de lancer, d’ici la fin de l’année 2014, une plate-forme de financement de ce type pour les entreprises qu’elle accompagne.

« Attention, cette plate-forme aura quelques conditions d’accès, annonce Mickaël Lapostolle, d’Initiative-LR. Les projets qui seront placés dessus seront ceux qui seront déjà accompagnés par des incubateurs ou des pépinières. » La raison ? « Une entreprise qui est accompagnée a beaucoup plus de chance de réussir », justifie Mickaël Lapostolle.

Deux plates-formes régionales

Parmi les plates-formes sur le point d’être créées en région, deux projets se distinguent. Tout d’abord celui de Fabrice Baila, créateur de MywinTPE, une plate-forme de crowdfunding dédiée à l’augmentation des fonds propres d’une entreprise candidate.

« Autrement dit, il s’agit de la prise de participation au capital des sociétés qui ont besoin de financement, explique-t-il. Cela permettra aux sociétés d’avoir un apport plus conséquent pour aller chercher les banques. »

Les montant demandés s’élèvent entre 100 000 € et 1 M€ : « Au-delà de 500 000 €, les projets attirent moins », note Fabrice Baila, attribuant la frilosité des investisseurs à l’absence de culture de prise de participation au capital des entreprises en France, « à l’inverse des Etats-Unis ». Sa plate-forme, devrait être lancée d’ici à la fin février : elle est en attente de l’agrément délivré par l’AMF (Autorité des marchés financiers).

Ensuite, Enerfip est une plate-forme de crowdfunding dédiée aux projets autour des énergies renouvelables. Fondée par quatre personnes, elle aussi attend l’agrément de l’AMF pour pouvoir se lancer, d’ici la fin du premier trimestre 2015.

« Nous travaillons en partenariat avec Enercoop, le fournisseur coopératif régional d’électricité issue des énergies renouvelables et dans l’ensemble, le ticket moyen est à 100 €, sur des projets qui se montent à près de 100 000 € », détaille Julien Hostache, l’un des fondateurs du site.

Lorsque les plates-formes spécialisées seront agréés, elles pourront figurer sur le site regroupant les plates-formes de crowdfunding lancé par bpifrance en 2014, tousnosprojets.fr.

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Financement participatif : qui sont les « crowdfunders » ?

Article paru dans La Tribune | 30/12/2014 | Par Christine Lejoux

 

Un homme, jeune, urbain, de catégorie socioprofessionnelle moyenne : tel est le portrait-robot des 7% de Français qui ont déjà participé à une campagne de financement participatif, d’après une étude.

En France comme à l’échelle mondiale, le crowdfunding connaît une croissance exponentielle. Le financement participatif devrait permettre aux porteurs de projets inscrits sur des plateformes françaises de collecter un total de 120 à 150 millions d’euros cette année, selon François Carbone, co-fondateur de la plateforme d’investissement en capital Anaxago. Un montant près de deux fois supérieur aux 78 millions d’euros engrangés en 2013, somme qui représentait déjà un triplement par rapport à 2012. De fait, d’après un sondage réalisé par la société Adwise auprès de 2.000 Français, et publié le 11 décembre, plus de la moitié (56%) des personnes interrogées connaissent le concept de crowdfunding. Et 7% des sondés ont déjà participé à une campagne de financement participatif. Qui sont ces particuliers qui donnent, prêtent ou investissent une partie de leurs économies afin de financer, de façon quasi directe, les projets portés par d’autres particuliers, des associations ou des PME ?

Plus de la moitié (57%) d’entre eux sont des hommes, jeunes – 44% étant âgés de moins de 35 ans – et urbains, 60% des personnes interrogées résidant dans des villes de plus de 200.000 habitants. Ensuite, le « crowdfunder » type appartient à une catégorie socioprofessionnelle moyenne, 60% des sondés disposant de moins de 10.000 euros d’épargne. Enfin, près des deux tiers (62%) des Français ayant déjà participé à une campagne de financement participatif l’ont fait via le don, loin devant le prêt et l’investissement en capital. Au chapitre de leurs motivations,

« les crowdfunders estiment participer au développement de projets innovants qui ne seraient jamais financés par les banques. Le crowdfunding leur permet également de mieux contrôler l’allocation de leur épargne, de savoir exactement ce qu’elle finance »,

a expliqué Florence Hussenot, présidente d’Adwise, lors des 2èmes Assises du financement participatif, le 11 décembre.

Des projets « coup de cœur » ou au service de grandes causes

Samuel Rasetti, décoré du titre de « donateur de la Culture » par la ministre Fleur Pellerin, le 9 décembre, correspond bien à ce portrait-robot. Ce Franco-Italien de 32 ans n’est autre que le premier « crowdfunder » de France, avec quelque 210 projets soutenus en quatre ans sur la plateforme de dons Ulule. Des projets qui vont de l’organisation d’un festival de musique à la création d’un « robot-maraîcher » en passant par la conception de jouets pour des enfants autistes, et pour lesquels Samuel Rasetti donne de 5 à 60, voire 100 euros. « Je soutiens des projets parce qu’ils correspondent à un coup de cœur ou bien parce qu’ils sont portés par des amis ou servent de grandes causes », explique le jeune homme, qui commencera en janvier à travailler comme conseiller clientèle chez l’hébergeur de sites Web OVH, après avoir exercé la même fonction chez LinkedIn. Et d’ajouter : « J’ai coupé dans certaines dépenses inutiles afin de mettre de l’argent dans des projets qui permettent des avancées, j’ai le sentiment d’aider un peu à changer le monde. »

Mais la généreuse philosophie du crowdfunding, qui s’inscrit dans le cadre de l’économie collaborative, n’est-elle pas menacée ? Le crowdfunding n’est-il pas déjà en train de devenir autre chose que « le financement par la foule »? Les 2èmes Assises du financement participatif ont donné lieu à une polémique entre partisans et opposants à l’élargissement des plateformes de prêts entre particuliers aux personnes morales, sur le modèle de Lending Club. A l’origine spécialisée dans le « peer to peer lending » (prêt entre particuliers), la plateforme fondée par le Français Renaud Laplanche a élargi la typologie des prêteurs, sa réussite ayant attiré des gestionnaires de fonds et des investisseurs institutionnels, pour qui les prêts entre particuliers représentent une nouvelle classe d’actifs, d’autant plus intéressante dans l’environnement actuel de taux très bas.

 Demain, des « crowdfunders » personnes morales ?

Cette évolution du métier inquiète Vincent Ricordeau : « Le principal risque, pour le crowdfunding, réside dans la collusion avec la finance traditionnelle », a dénoncé le co-fondateur de la plateforme de dons KissKissBankBank, lors des 2èmes Assises du financement participatif. Il est vrai que, les plateformes se rémunérant grâce à des commissions prélevées sur les sommes collectées, certaines pourraient être tentées de faire venir des investisseurs institutionnels dans le but d’augmenter le montant des collectes et, partant, leurs commissions.

Il n’en demeure pas moins que cette hausse des collectes bénéficiera en premier lieu aux porteurs de projets, et n’est-ce pas cela qui importe avant tout ? De plus, la présence d’investisseurs institutionnels sur les plateformes de crowdfunding peut-être un gage du sérieux de ces dernières, de nature à rassurer les particuliers-prêteurs. De fait, lors des 2èmes Assises du financement participatif, Maxime Chipoy, responsable du service des études au sein de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, s’est dit « favorable à ce que les personnes morales puissent, elles aussi, prêter. »

 

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