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Exclusif: plus d’un million de Français adeptes du crowdfunding

Article paru dans BFM BUSINESS | 24/07/2014 | Par Anthony Morel

Selon les chiffres que s’est procuré BFM Business, 66 millions d’euros de financement participatif ont été levés au premier semestre 2014 en France, et 1 million de Français ont prêté ou donné des fonds.

 

Le crowdfunding entre dans les moeurs. BFM Business vous révèle en avant-première, ce 24 juillet, le bilan chiffré du financement participatif au premier semestre. Sur les six premiers mois de l’année, 66 millions d’euros ont été levées sur les plateformes françaises. C’est le double de l’an dernier sur la même période. En tout plus d’un million de Français ont déjà prêté ou donné de l’argent pour financer un projet de cette manière. Un vrai succès. Même si les plateformes françaises peinent à se faire une place face au géant américain Kickstarter.

Les startups françaises et le crowdfunding, c’est une affaire qui marche. Quelques success story flamboyantes sont là pour en témoigner. Hexo+, un projet grenoblois de drone équipé d’une caméra qui vous suit à la trace, voulait lever 50.000 dollars, il en a récolté 1,3 million auprès des internautes. Même chose pour les Lillois de Giroptic, et leur caméra qui filme à 360 degrés: 1,4 million de dollars levés, 10 fois leur objectif initial. A un détail près: à chaque fois, c’est sur Kickstarter que ça se passe, un site américain.

Le syndrome Dailymotion face à Youtube

Pourtant la France ne manque pas d’atouts. Le cadre réglementaire est plutôt bien conçu et attractif de l’avis des professionnels. Ses plateformes de crowdfunding, nombreuses -Ulule, KissKissBankBank, MyMajorCompany- attirent des dizaines de milliers de projets, souvent plus modestes. Difficile pour ces acteurs nationaux de faire le poids, face à un rouleau compresseur d’envergure mondiale, qui fait miroiter aux yeux des entrepreneurs français des levées de fonds de plus en plus spectaculaires et une visibilité incomparable. Et peu importe si dans les faits, moins d’un projet sur deux atteint son objectif de financement. Plus qu’un tremplin, Kickstarter est une machine à vendre du rêve.

Pour pouvoir lancer un projet sur le site, il faut disposer d’une filiale aux Etats-Unis, avec un représentant physique. Mais ça ne décourage pas de nombreux entrepreneurs français de sauter le pas. Car le jeu en vaut la chandelle. Se faire remarquer sur la plateforme américaine, c’est l’assurance d’être repris dans la presse spécialisée du monde entier. Un gage de crédibilité qui permet ensuite de lever beaucoup plus facilement des fonds auprès d’investisseurs traditionnels.

« C’est une simple question d’exposition » explique le fondateur de Lima, un boîtier de stockage de données qui a enflammé la toile. Lui aussi a choisi Kickstarter, où il a récolté plus d’un million de dollars. « En France, on en aurait levé 70.000 » explique-t-il. Au fond, c’est un peu le syndrome Dailymotion face à Youtube. La clé, à écouter un professionnel, serait de créer, comme certains Français commencent à le faire, de vraies plateformes de crowdfunding européennes, seules capables de rivaliser avec la pieuvre Kickstarter.

 

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Le financement participatif décolle en France

Article paru dans LEXPRESS.fr | 24/07/2014 | L’ENTREPRISE

Les plateformes françaises de financement participatif ont collecté deux fois plus de fonds au premier semestre 2014 que sur la même période de 2013 et entendent poursuivre cette dynamique grâce à leur nouveau statut.

Sur les six premiers mois de l’année, le « crowdfunding » a collecté 66,4 millions d’euros, contre 33 millions un an plus tôt, selon les données présentées jeudi par l’association Financement Participatif France.

Depuis son introduction en France en 2008, ce mode de financement « par la foule » a convaincu un million de contributeurs via les 37 plateformes actives dans le pays, un cap franchi cette année.

« En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le 1er pays d’Europe pour le crowdfunding« , a indiqué Nicolas Lesur, président de l’association, précisant que la dynamique de croissance s’observait dans tous les pays.

Dans le détail, 37,4 millions d’euros ont été collectés via des sites de prêts, 19,2 millions via des sites de dons et 9,8 millions via des sites de capital investissement (prise de participation dans des entreprises) au premier semestre.

C’est le site internet de crédit entre particuliers Prêt d’Union qui a collecté le plus de fonds. Il a ainsi annoncé jeudi avoir financé les crédits à la consommation de 10.000 Français, montant qu’il envisage de doubler d’ici avril 2015.

Fondé fin 2009, Prêt d’Union pense atteindre les 100 millions d’euros de crédits octroyés en août.

Sur l’ensemble des plateformes françaises, plus de 44.000 projets ont déjà été mis en ligne, dont un quart d’entre eux sur le seul premier semestre de cette année.

Les sites de dons ont soutenu majoritairement des projets culturels et solidaires tandis que ceux de prêts (hors Prêt d’Union) ont principalement contribué au financement d’entreprise.

Les sites de capital investissement ont été très actifs dans les domaines de la santé et l’environnement et des technologies.

Côté contributeurs, les trois quarts d’entre eux ont moins de 50 ans, « une typologie plus jeune que dans le financement traditionnel« , selon M. Lesur.

En moyenne, les entreprises ont levé 185.400 euros via des sites de capital investissement au premier semestre pour des tickets de 2.000 euros par contributeur.

Sur les sites de dons, le montant moyen récolté se situe entre 2.400 et 3.400 euros, selon que la plateforme offre ou non une contrepartie, pour des dons moyens entre 60 et 50 euros.

Les prêts non rémunérés ont atteint 650 euros en moyenne et les prêts rémunérés 9.900 euros. Les prêteurs ont engagé en moyenne 88 euros (prêt non rémunéré) et 6.500 euros (prêt rémunéré).

Des décrets clarifiant le statut et le champ d’action de la finance participative sont attendus fin juillet pour une entrée en vigueur au 1er octobre.

Pour les acteurs du secteur, cette réforme devrait permettre d’attirer encore davantage de contributeurs, même si « ce n’est qu’une première étape qui a vocation à être révisée assez vite« , selon M. Lesur.

La cession des créances de prêts (titrisation) contractés via des plateformes de crowdfunding constitue notamment l’un des prochains chantiers que les acteurs souhaitent clarifier, à l’occasion des prochaines Assises du financement participatif le 11 décembre.

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Le secteur du crowdfunding est en pleine croissance

Article paru dans 01Business | 24/07/2014 | Par Marie Jung

Les plateformes de crowdfunding ont collecté plus de 66 millions d’euros au premier semestre, soit le double d’il y a un an. Celles spécialisées en investissement en capital ont atteint presque 10 millions d’euros.

Le crowdfunding se porte bien et affiche une belle croissance. Durant les six premiers mois de l’année, quasiment 11 000 projets ont été financés par ce biais, soit un quart de l’ensemble des projets accompagnés depuis le début, selon le baromètre de l’association FPF (Financement participatif France). Au total, un million de Français auraient déjà succombé à la tentation du crowdfunding « grâce à internet et à la viralité que cette finance là contient en elle-même » a précisé Nicolas Lesur, président de l’association FPF (Financement participatif France) et fondateur d’Unilend, invité de BFM Business vendredi 25 juillet (voir vidéo en fin d’article). Et, les fonds collectés en France ont doublé sur un an pour atteindre 66,4 millions d’euros au premier semestre 2014, selon le baromètre réalisé par Compinnov en agrégeant les données de 37 acteurs.

Presque 10 millions d’euros ont transité sur les plateformes d’equity

Ceci dit, les montants varient énormément selon les trois profils de plateformes. Celles orientées investissement en capital (aussi appelé « equity »), comme Anaxago ou WiSeed, ont récolté 9,8 millions d’euros. Si elles aident des entreprises matures, elles financent surtout des startups en amorçage ou postamorçage (97 % des projets sont portés par des sociétés).
« C’est une petite révolution dans le financement de l’amorçage en France. Au début du crowdfunding, les business angels, spécialistes de ce type de financement depuis plus longtemps, pesaient 40 millions d’euros », se félicite François Carbone, fondateur d’Anaxago. Comparés aux business Angels, les montants investis par les individus sont plus faibles. « Les contributeurs sur une plateforme peuvent n’investir que 200 euros. Et ils investissent en moyenne 2000 euros ce qui n’est pas négligeable pour un individu » illustre Stéphanie Savel, PDG de Wiseed.
Typologie des porteurs de projet selon les plateformes:
Typologie des porteurs de projet selon les plateformes

A noter, les 9,8 millions d’euros ne correspondent qu’aux sommes qui transitent sur la plateforme, alors que les projets sont souvent réalisés en co-investissement avec d’autres acteurs. Au total, les projets ont récupéré 30 % à 40 % d’argent en plus que celui investi dans la plateforme. Sur Anaxago, certaines entreprises accueillent comme co-investisseur le fonds d’investissement de la région Ile-de-France qui double la somme mise par les particuliers dans les projets.
Loin devant, les acteurs du don, comme MyMajorCompany, Ulule ou KissKissBankBank, ont at-teint 19,2 millions d’euros. Et, les plateformes de prêt ont collecté 37,4 millions d’euros, mais un seul acteur, Prêt d’Union, monopolise à lui seul 33 millions d’euros, avec des prêts non affectés, qui ne sont pas liés à un projet particulier.
Evolution des fonds collectés par les plateformes de crowdfunding en France :
Evolution des fonds collectés par les plateformes de crowdfunding en France
« En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le premier pays d’Europe pour le crowdfunding », commentait Nicolas Lesur, lors de la conférence de présentation des chiffres. « Les Anglais sont plus forts sur le prêt, mais pour le reste nous sommes comparables ». Ceci dit, l’Europe reste loin derrière les Etats-Unis. Et comparé aux chiffres de la finance mondiale, le crowdfunding reste négligeable. « On est un secteur embryonnaire. Néammoins, la dynamique est gigantesque. Nous sommes au même niveau que le ecommerce à ses débuts » expliquait Nicolas Lesur sur l’antenne de BFM Business.

Une réglementation applicable au premier octobre

Le gouvernement est en train de finaliser une réglementation pour encadrer le secteur. Les décrets devraient être publiés d’ici fin juillet pour une application au premier octobre prochain. Ils précisent notamment les montants maximums par projet et par contributeur qui seront légalement autorisés. Le nombre d’acteurs pourrait donc continuer à augmenter. L’association FPF (Financement participatif France) reçoit d’ailleurs de nombreux dossiers de nouveaux acteurs. Mais le secteur est déjà bien encombré et il n’y aura pas de place pour tout le monde. « Les plateformes du Crowdfunding ont besoin de beaucoup de volume pour être profitables. Il faut être gros pour survivre » commente Nicolas Lesur. Il y a un fort enjeu pour les plateformes françaises à s’internationaliser.

Répartition des projets par secteur d’activité :
Répartition des projets par secteur d'activité

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Le crowdfunding décolle en France

Article paru dans Challenge.fr avec AFP | 24/07/2014

Les plateformes françaises de financement participatif ont collecté deux fois plus de fonds au premier semestre 2014 que sur la même période de 2013

Sur les six premiers mois de l’année, le « crowdfunding » a collecté 66,4 millions d’euros, contre 33 millions un an plus tôt, selon les données présentées jeudi par l’association FinancementParticipatif France.

Depuis son introduction en France en 2008, ce mode de financement « par la foule » a convaincu un million de contributeurs via les 37 plateformes actives dans le pays, un cap franchi cette année.

« En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le 1er pays d’Europe pour le crowdfunding », a indiqué Nicolas Lesur, président de l’association, précisant que la dynamique de croissance s’observait dans tous les pays.

Dans le détail, 37,4 millions d’euros ont été collectés via des sites de prêts, 19,2 millions via des sites de dons et 9,8 millions via des sites de capital investissement (prise de participation dans des entreprises) au premier semestre.

Prêt d’union en tête des sites

C’est le site internet de crédit entre particuliers Prêt d’Union qui a collecté le plus de fonds. Il a ainsi annoncé jeudi avoir financé les crédits à la consommation de 10.000 Français, montant qu’il envisage de doubler d’ici avril 2015.

Fondé fin 2009, Prêt d’Union pense atteindre les 100 millions d’euros de crédits octroyés en août.

Sur l’ensemble des plateformes françaises, plus de 44.000 projets ont déjà été mis en ligne, dont un quart d’entre eux sur le seul premier semestre de cette année.

Les sites de dons ont soutenu majoritairement des projets culturels et solidaires tandis que ceux de prêts (hors Prêt d’Union) ont principalement contribué au financement d’entreprise.

Les sites de capital investissement ont été très actifs dans les domaines de la santé et l’environnement et des technologies.

Des contributeurs assez jeunes

Côté contributeurs, les trois quarts d’entre eux ont moins de 50 ans, « une typologie plus jeune que dans le financement traditionnel », selon Nicolas Lesur.

En moyenne, les entreprises ont levé 185.400 euros via des sites de capital investissement au premier semestre pour des tickets de 2.000 euros par contributeur.

Sur les sites de dons, le montant moyen récolté se situe entre 2.400 et 3.400 euros, selon que la plateforme offre ou non une contrepartie, pour des dons moyens entre 60 et 50 euros.

Les prêts non rémunérés ont atteint 650 euros en moyenne et les prêts rémunérés 9.900 euros. Les prêteurs ont engagé en moyenne 88 euros (prêt non rémunéré) et 6.500 euros (prêt rémunéré).

Des décrets clarifiant le statut et le champ d’action de la finance participative sont attendus fin juillet pour une entrée en vigueur au 1er octobre.

Pour les acteurs du secteur, cette réforme devrait permettre d’attirer encore davantage de contributeurs, même si « ce n’est qu’une première étape qui a vocation à être révisée assez vite », selon Nicolas Lesur.

La cession des créances de prêts (titrisation) contractés via des plateformes de crowdfunding constitue notamment l’un des prochains chantiers que les acteurs souhaitent clarifier, à l’occasion des prochaines Assises du financement participatif le 11 décembre.

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La finance participative décolle en France

Article paru dans le figaro | 24/07/2014 | Par Danièle Guinot

Au premier semestre, les plateformes de crowdfunding ont collecté 66 millions d’euros, soit deux fois plus qu’il y a un an. Un million de particuliers ont déjà fait un don, financé un prêt à un particulier ou une PME, ou bien encore investi dans une start-up.

La finance participative ou crowdfunding continue de gagner rapidement du terrain en France. Au premier semestre, les plateformes qui utilisent Internet pour mettre en relation des porteurs de projets et des particuliers ont collecté 66,4 millions d’euros, soit deux fois plus qu’un an plus tôt (33 millions d’euros au premier semestre 2013). a indiqué jeudi l’association Financement participatif France, qui fédère les acteurs du crowdfunding. «En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le premier pays d’Europe pour le crowdfunding», souligne Nicolas Lesur, président de l’association, précisant que la dynamique de croissance s’observait dans tous les pays.

Il existe trois grandes familles de crowdfunding: les plateformes de dons, de prêts aux particuliers ou aux PME et les plateformes d’investissement dans des start-up. Comme c’était déjà le cas l’an dernier, les Français ont surtout financé des prêts, le plus souvent avec intérêts. Les plateformes dédiées (il en existe six) ont collecté 37,4 millions d’euros. Prêt d’Union, qui bénéficie d’un agrément bancaire et octroie des crédits à la consommation (entre 3000 et 30.000 euros pendant 2 et 5 ans), est de loin le plus grand collecteur d’argent (il a collecté 33 millions d’euros au premier semestre). La société qui revendique avoir déjà financé 10.000 ménages, rémunère les prêteurs entre 4% et 5% par an. Plus risqués, les prêts aux PME rapportent 9% environ (un pourcentage qui n’est pas garanti).

Les sites de dons (15 sites avec récompense et 4 sans) ont eux collecté 19,2 millions d’euros au premier semestre et les plateformes de capital investissement (prise de participation dans une entreprise) qui financent le plus souvent l’amorçage des start-up 9,8 millions, contre seulement 3,5 millions il y a un an.

44.000 projets déjà mis en ligne

Depuis son introduction en France en 2008, ce mode de financement «par la foule» a convaincu un million de contributeurs, dont les trois quart ont moins de 50 ans, via les 37 plateformes dans le pays, un cap franchi cette année. «En franchissant le cap du million de contributeurs, la finance participative marque sa capacité à se démocratiser et à devenir une source de financement crédible et pérenne de l’économie française», se félicite Nicolas Lesur.

44.000 projets ont déjà été mis en ligne sur l’ensemble des plateformes françaises, dont un quart d’entre eux sur le seul premier semestre de cette année. Les sites de dons ont soutenu majoritairement des projets culturels et solidaires. Ceux-ci ont récolté en moyenne entre 2400 et 3400 euros, selon que la plateforme offre ou non une contrepartie, pour des dons moyens entre 60 et 50 euros.

Les plateformes de prêts (hors Prêt d’Union) ont principalement contribué au financement d’entreprises. Le montant moyen des prêts non rémunérés accordés s’élevait à 650 euros, et à 9900 euros lorsque celui-ci était rémunéré. Les particuliers ont prêté en moyenne 88 euros (prêt non rémunéré), mais 6500 euros lorsque le prêt était rémunéré. Enfin, les sites de capital investissement ont été très actifs dans les domaines de la santé et l’environnement et des technologies.

Des décrets clarifiant le statut et le champ d’action de la finance participative sont attendus fin juillet pour une entrée en vigueur au 1er octobre. Pour les acteurs du secteur, cette réforme devrait permettre d’attirer encore davantage de contributeurs, même si «ce n’est qu’une première étape qui a vocation à être révisée assez vite», explique Nicolas Lesur.

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Le crowdfunding a séduit plus d’un million de Français

Article paru dans l’Express | 24/07/2014 | Par Marion Bain

Les plates-formes de financement participatif ont collecté 66,4 millions d’euros sur les six premiers mois 2014, révèle une étude publiée ce 24 juillet 2014. Une envolée qui devrait se poursuivre avec la mise en oeuvre de la réforme.

Le montant des fonds collectés grâce au crowdfunding a doublé sur un an pour atteindre 66,4 millions d’euros sur les six premiers mois 2014. Et il « ne va pas s’arrêter de sitôt » se réjouit Nicolas Lesur, président de l’association Financement Participatif France et fondateur d’Unilend lors de la présentation d’une étude ce jeudi 24 juillet. Le cap symbolique du million de Français ayant déjà contribué est atteint, preuve selon lui que le « phénomène se diffuse dans l’ensemble de la société ».KissKissBankBank, MyMajor Company, Ulule, Anaxago, Babyloan… 10 777 projets ont été mis en ligne sur ces plate-formes de financement participatif depuis le début de l’année. Trois types de contribution – prise de participation, don, ou prêt – sont possibles. Les montants de la collecte moyenne au 1er semestre 2014 s’élèvent à :

– 185 483 euros pour le capital investissement,

– 2 411 euros pour un don sans contrepartie,

– 3 478 euros pour un don avec récompenses.

Le prêt rémunéré est bien plus plébiscité (9 930 euros) que le prêt non rémunéré (650 euros).
Un nouveau cadre législatif propice

Cet essor de la finance participative devrait être stimulé par la mise en oeuvre de la réforme dont les décrets devraient paraître fin juillet, pour une réforme applicable au 1er octobre 2014. Une législation qui « rassure les partenaires (co-investisseurs, incubateurs), sourit François Carbone, directeur général et co-fondateur d’Anaxago. Cette petite révolution dans le financement de l’amorçage en France devrait générer de la confiance et apporter des projets. »

Un avis partagé par Stéphanie Savel, présidente de la plateforme Wiseed, administratrice de France Angels (Fédération nationale des réseaux de Business Angels) et membre du Comité Régional d’Orientation Ile-de-France BPIFrance. « La réforme va donner un cadre approprié au financement participatif et favoriser probablement la percée de nouveaux acteurs. Il y a un gros besoin en France concernant le financement d’amorçage (premier apport en capital d’une entreprise). » Pour preuve : « même les acteurs traditionnels comme les banques s’intéressent au phénomène du crowdfunding. »
*Baromètre 1er semestre 2014 réalisé par Compinnov pour Financement Participatif France selon les données collectées auprès de 37 plateformes opérationnelles. Une estimation de 3,85 millions d’euros collectés a été incluse pour les plateformes n’ayant pas répondu au baromètre.

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Le crowdfunding se démocratise en France

Article paru dans la Tribune | 24/07/2014 | Par Christine Lejoux

Le crowdfunding totalise un peu plus d’un million de contributeurs depuis 2008 dans l’Hexagone, d’après Financement Participatif France.

Le crowdfunding a décroché le million. Depuis 2008, date de ses débuts en France, ce nouveau moyen de financement – qui met en relation quasi-directe, via des plateformes Internet, des porteurs de projets en quête d’argent frais avec des particuliers désireux d’investir, de prêter ou de donner une partie de leurs économies – totalise un peu plus d’un million de contributeurs, selon le baromètre publié jeudi 24 juillet par l’association Financement Participatif France. Ces aficionados du « financement par la foule », qui sont-ils ? Les trois quarts d’entre eux sont âgés de moins de 50 ans. Logique, le crowdfunding, né aux Etats-Unis, s’étant développé grâce à Internet et aux réseaux sociaux.

Ceux qui donnent, sur des plateformes comme MyMajorCompany, offrent des oboles de 52 à 61 euros en moyenne ; ceux qui préfèrent investir, sur SmartAngels, par exemple, misent en moyenne 2.036 euros ; et les contributeurs optant pour le prêt, via des plateformes comme Prêt d’Union, consentent des crédits d’un montant moyen de 6.581 euros ou de… 88 euros, suivant que le prêt est rémunéré (entre 4,5% et 9%, en moyenne) ou non. « En franchissant le cap du million de contributeurs, la finance participative marque sa capacité à devenir une source de financement crédible et pérenne de l’économie française », estime Nicolas Lesur, président de Financement Participatif France.

Les fonds collectés grâce au crowdfunding ont doublé en un an

Certes, les fonds collectés via la quarantaine de plateformes de crowdfunding françaises ne pèsent encore que 66,4 millions d’euros, d’après le baromètre publié par Financement Participatif France, au titre du premier semestre. Mais ce montant représente un doublement par rapport aux six premiers mois de 2013. Un rythme « qui ne va pas s’arrêter », pronostique Nicolas Lesur. De fait, la réglementation du crowdfunding – dont les décrets d’application devraient être publiés d’ici à la fin juillet pour une entrée en vigueur le 1er octobre – a justement pour but de favoriser l’essor de cette nouvelle technique de financement, jusqu’alors soumise aux régulations bancaire et boursière classiques, particulièrement lourdes.

Pour mémoire, la réglementation du crowdfunding permettra notamment aux start-up de lever jusqu’à 1 million d’euros via les plateformes spécialisées dans l’investissement en capital, et ce sans avoir à publier l’imposant prospectus d’informations habituellement exigé par l’Autorité des marchés financiers pour tout appel public à l’épargne supérieur à 100.000 euros. Un million d’euros, c’est également la somme que les entreprises et les particuliers pourront emprunter par l’intermédiaire des plateformes axées sur le prêt.

 Un secteur dominé par les plateformes de prêts

Ces dernières représentent l’essentiel du marché français du crowdfunding, avec 37,4 millions d’euros collectés au premier semestre. Au cours de cette même période, Prêt d’Union « a déjà octroyé un crédit à 4.150 Français », pour un montant total de 33 millions d’euros, afin de financer des travaux de rénovation de l’habitat ou encore l’achat d’une voiture, se félicite d’ailleurs le principal acteur du prêt entre particuliers en France, dans un communiqué publié le 24 juillet.

Et si les plateformes spécialisées dans l’investissement en capital arrivent bonnes dernières, avec 9,8 millions d’euros collectés au premier semestre, contre 19,2 millions pour les plateformes de dons, « près de 10 millions, c’est déjà une petite révolution pour le financement de l’amorçage des start-up, en France », estime cependant François Carbone, co-fondateur de la plateforme de « crowdequity » Anaxago« En créant un cadre précis et sécurisé, la réglementation apportera de la crédibilité à notre métier. Nous devrions moins entendre la question « Ce que vous faites est-il bien légal ? » », sourit Stéphanie Savel, présidente de Wiseed, une autre plateforme « d’equitycrowdfunding. »

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La finance participative décolle en France

Article paru dans le Figaro | 24/07/2014 | Par  Danièle Guinot

Au premier semestre, les plateformes de crowdfunding ont collecté 66 millions d’euros, soit deux fois plus qu’il y a un an. Un million de particuliers ont déjà fait un don, financé un prêt à un particulier ou une PME, ou bien encore investi dans une start-up.

La finance participative ou crowdfunding continue de gagner rapidement du terrain en France. Au premier semestre, les plateformes qui utilisent Internet pour mettre en relation des porteurs de projets et des particuliers ont collecté 66,4 millions d’euros, soit deux fois plus qu’un an plus tôt (33 millions d’euros au premier semestre 2013). a indiqué jeudi l’association Financement participatif France, qui fédère les acteurs du crowdfunding. «En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le premier pays d’Europe pour le crowdfunding», souligne Nicolas Lesur, président de l’association, précisant que la dynamique de croissance s’observait dans tous les pays.

Il existe trois grandes familles de crowdfunding: les plateformes de dons, de prêts aux particuliers ou aux PME et les plateformes d’investissement dans des start-up. Comme c’était déjà le cas l’an dernier, les Français ont surtout financé des prêts, le plus souvent avec intérêts. Les plateformes dédiées (il en existe six) ont collecté 37,4 millions d’euros. Prêt d’Union, qui bénéficie d’un agrément bancaire et octroie des crédits à la consommation (entre 3000 et 30.000 euros pendant 2 et 5 ans), est de loin le plus grand collecteur d’argent (il a collecté 33 millions d’euros au premier semestre). La société qui revendique avoir déjà financé 10.000 ménages, rémunère les prêteurs entre 4% et 5% par an. Plus risqués, les prêts aux PME rapportent 9% environ (un pourcentage qui n’est pas garanti).

Les sites de dons (15 sites avec récompense et 4 sans) ont eux collecté 19,2 millions d’euros au premier semestre et les plateformes de capital investissement (prise de participation dans une entreprise) qui financent le plus souvent l’amorçage des start-up 9,8 millions, contre seulement 3,5 millions il y a un an.

44.000 projets déjà mis en ligne

Depuis son introduction en France en 2008, ce mode de financement «par la foule» a convaincu un million de contributeurs, dont les trois quart ont moins de 50 ans, via les 37 plateformes dans le pays, un cap franchi cette année. «En franchissant le cap du million de contributeurs, la finance participative marque sa capacité à se démocratiser et à devenir une source de financement crédible et pérenne de l’économie française», se félicite Nicolas Lesur.

44.000 projets ont déjà été mis en ligne sur l’ensemble des plateformes françaises, dont un quart d’entre eux sur le seul premier semestre de cette année. Les sites de dons ont soutenu majoritairement des projets culturels et solidaires. Ceux-ci ont récolté en moyenne entre 2400 et 3400 euros, selon que la plateforme offre ou non une contrepartie, pour des dons moyens entre 60 et 50 euros.

Les plateformes de prêts (hors Prêt d’Union) ont principalement contribué au financement d’entreprises. Le montant moyen des prêts non rémunérés accordés s’élevait à 650 euros, et à 9900 euros lorsque celui-ci était rémunéré. Les particuliers ont prêté en moyenne 88 euros (prêt non rémunéré), mais 6500 euros lorsque le prêt était rémunéré. Enfin, les sites de capital investissement ont été très actifs dans les domaines de la santé et l’environnement et des technologies.

Des décrets clarifiant le statut et le champ d’action de la finance participative sont attendus fin juillet pour une entrée en vigueur au 1er octobre. Pour les acteurs du secteur, cette réforme devrait permettre d’attirer encore davantage de contributeurs, même si «ce n’est qu’une première étape qui a vocation à être révisée assez vite», explique Nicolas Lesur.

 

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« L’économie collaborative finira par bouleverser tous les secteurs d’activité »

Article paru dans le Journal du Net | 01/07/2014 | Par Flaure Fauconnier

Comment les entreprises traditionnelles doivent-elles s’adapter à cette nouvelle révolution ? Le JDN a interviewé le gourou du collaboratif, présent à Paris pour les Enjeux E-Commerce 2014.

JDN. Quel est l’enjeu de l’essor de la consommation et de l’économie collaboratives ?

Jeremiah Owyang. Nous commençons à peine à nous familiariser avec les médias sociaux et nous devons déjà nous adapter à une nouvelle révolution, celle de l’économie collaborative. Prenez AirBnB et son million de chambres réservées chaque mois. Cette entreprise, passée de 0 à 100km/h en 3 ans seulement, est emblématique de l’ascension rapide du commerce peer-to-peer. Après l’ère d’Internet puis celle des média sociaux, nous entrons dans l’ère de l’économie collaborative.

D’ailleurs Google ne s’y trompe pas, il est le plus important investisseur dans l’économie collaborative. Il a notamment injecté 258 millions de dollars dans Uber en août 2013 puis participé à la récente levée de 1,2 milliard de dollars de la start-up. Entre autres multiples prises de participation dans ce domaine, Google a également investi dans Lending Club.

Si les gens obtiennent ce dont ils ont besoin directement auprès d’autres personnes, quelle est la place des entreprises ?

Je pense qu’elles ont leur place dans l’économie collaborative, qui repose sur un modèle où la création, la propriété et l’accès sont partagés entre les gens et les sociétés. J’y vois un parallèle avec la structure alvéolaire des rayons de miel dans les ruches. La nature les a parfaitement dessinés, ils sont efficaces, résistants et peuvent supporter un poids important car celui-ci est distribué sur toutes les alvéoles. C’est ce qui se passe dans l’économie collaborative. Au centre, on trouve les gens. Ils ne consomment pas : ils fabriquent – c’est le mouvement des « makers » -, financent, mettent en location leur voiture ou leur appartement… Les clients deviennent effectivement les concurrents des entreprises. Elles doivent donc trouver comment s’appuyer sur les alvéoles que constituent les gens pour les engager, se fortifier grâce à eux et gagner en rentabilité.

Quelles sont les industries aujourd’hui « disruptées » par l’économie collaborative et quelles entreprises parviennent à s’y adapter ?

J’en vois pour l’instant six. Les biens physiques, l’alimentaire, les services, le transport, l’espace physique et enfin l’argent.

Prenons l’exemple des biens physiques. Tout ce dont on a besoin est en train de prendre la poussière dans le placard d’un voisin. Pour ma fille de 2 ans, j’ai pris le parti de louer des jouets car il ne me servira à rien de les garder 10 ans. Une plateforme comme Yerdle permet quelque chose de similaire : donner n’importe quel bien physique ou en obtenir gratuitement. Du côté des entreprises traditionnelles, on a par exemple vu Ikea lancer une marketplace où les particuliers peuvent vendre leurs meubles utilisés. Cette initiative contribue à construire sa communauté de clients et à montrer son engagement pour le développement durable, mais crée aussi une opportunité d’up-selling. Autre exemple, celui de Nokia qui publie des fichiers 3D pour permettre aux consommateurs de fabriquer leur propre coque de smartphone.

Et dans les autres industries ?

Dans les produits alimentaires et pharmaceutiques, où on voit par exemple la start-up française Cookening transformer en restaurant les cuisines de particuliers, on peut citer la chaîne de pharmacie Walgreens qui, pour livrer les médicaments à domicile, a noué un partenariat avec TaskRabbit, plateforme sur laquelle les gens se rendent des petits services contre rémunération.

Quant aux services, qui voient apparaître des applications comme en France Stootie, bâtie sur le même principe que TaskRabbit, la firme Coca Cola a eu une idée brillante avec son application Wonolo – pour « work now locally » – qui transforme ses clients en salariés. Le gérant d’une boutique a besoin d’aide pour décharger une palette de canettes et en garnir un rayon ? Pas besoin d’un recrutement à plein temps, un utilisateur de Wonolo qui passe par là va pouvoir rendre ce service contre rémunération. Pour lui, pour la boutique et pour Coca Cola, c’est du win-win-win.

Dans le transport, où par exemple tout un chacun peut devenir chauffeur de VTC grâce à UberPop, de nombreux constructeurs automobiles ont lancé des initiatives collaboratives…

On peut en effet mentionner Peugeot qui au travers de son service de location Mu by Peugeot redéfinit véritablement la propriété. Ou Daimler avec son concept d’autopartage urbain Car2Go. Ou BMW et sa gamme de véhicules dédiée à la location : les villes étant de toutes façons saturées de voitures, mieux vaut vendre une voiture mille fois que vendre mille voitures !

Dans l’espace physique, la valorisation d’AirBnB atteint 10 milliards de dollars alors qu’au contraire d’un Accor, valorisé à peine plus, il ne possède rien. Mais AirBnB fournit une expérience unique, authentique et locale, or parfois on désire ces échanges plus humains. Il existe donc plusieurs raisons pour les consommateurs de s’y mettre. Citons aussi LiquidSpace, qui s’est donné la même mission sur la location court-terme de bureaux et de salles de réunion. Et bien là encore, les entreprises traditionnelles de ce segment, c’est-à-dire les hôtels, ont commencé à s’approprier les modèles collaboratifs. A l’instar de Marriott qui a lancé Workspring, des espaces de coworking que l’on loue à la demande.

Venons-en à la sixième industrie que bouleverse actuellement l’économie collaborative : l’argent…

Les gens créent leur propre monnaie : le Bitcoin. Ils financent des projets en crowdfunding, comme sur KissKissBankBank. Ils se prêtent les uns aux autres sur des plateformes telles que Lending Club. Et ces initiatives sont très puissantes ! Prenez la montre connectée de Pebble. Ce sont 85 000 personnes qui l’ont pré-achetée sur Kickstarter et lui ont permis d’arriver sur le marché avant l’iWatch. La foule a battu Apple ! Je suis d’ailleurs convaincu que le crowdfunding est la forme la plus poussée de la loyauté, car elle signifie un destin commun.

Côté entreprises traditionnelles, la société de déménagement et de stockage U-Haul a lancé un « club d’investisseurs » pour inciter les gens à financer ses propres camions et équipements et à en retirer un rendement régulier. Les banques examinent déjà de près les monnaies virtuelles, j’attends maintenant qu’une première banque lance sa plateforme de crowdfunding.

Quel serait leur intérêt ?

Un projet comme Pebble, très bien financé sur Kickstarter, aurait pu et peut toujours intéresser un banquier. Le crowdfunding présente pour les banques l’opportunité de se rapprocher des très petites entreprises tout en transférant le risque sur le peer-to-peer. Elles peuvent imaginer de prendre une commission, offrir d’autres services payants et, enfin, identifier très en amont les entreprises en forte croissance pour les financer ensuite.

Quelles sont les prochaines industries que l’économie collaborative révolutionnera ?

Tout d’abord l’éducation, car les MOOCs permettront aux gens de se former et d’échanger leurs compétences entre eux. Ensuite l’énergie. Il est encore très tôt et on ne sait pas encore sous quelle forme. Mais on voit déjà cette tendance émerger en observant les projets financés par crowdfunding. La santé y passera aussi et l’on verra les gens commencer à prendre soin les uns des autres. C’est déjà le cas avec l’application HelpAround.co, qui permet aux diabétiques de demander de l’insuline aux autres diabétiques répertoriés, lorsqu’un imprévu les prive de la leur. Un jour ou l’autre, la disruption venue du collaboratif interviendra dans tous les secteurs d’activité.

Quelle est la vitesse d’adoption des services collaboratifs ?

A ce jour j’ai répertorié plus de 9 000 start-up dans ce domaine. Fin 2013, 7% à 9% des consommateurs américains, canadiens et britanniques y avaient récemment eu recours. Fin 2014, cette proportion aura augmenté jusqu’à 12% à 15%. Autrement dit, on commence à se rapprocher des 30% d’usage d’eBay, pour sa part mature. C’est donc maintenant que les entreprises doivent s’y plonger, tant que ces usages sont encore en progression !

Combien y parviendront-elles ?

Elles seront nombreuses à savoir s’adapter. Elles ont déjà beaucoup appris des médias sociaux et les ont intégrés à leur stratégie. Mais elles devront s’organiser. Parmi toutes les initiatives collaboratives que j’ai déjà recensées dans les entreprises traditionnelles, la plupart ont monté un « lab ». Cette structure, à part dans l’organisation, permet de ne pas être entravé par la bureaucratie du reste de l’entreprise. Quant aux entreprises plus petites, elles disposent normalement de l’agilité nécessaire pour prendre plus facilement ce genre de tournant.

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Le budget participatif, nouvelle tendance des villes du monde

Article paru dans Le Monde – Les Décodeurs | 03/07/2014 | Par Diane Jean

« Je souhaite donner les clés du budget aux citoyens », a soutenu Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, mercredi. Ce même jour, elle a lancé son opération de budget participatif, sur la place de la République. Mesure innovante pour la capitale, vecteur de démocratie directe, les arguments pleuvent pour justifier le démarrage d’une telle initiative à la mode.

Qu’est-ce qu’un budget participatif ?

« C’est un processus au cours duquel les habitants d’une ville vont décider d’une partie ou de l’ensemble des ressources publiques », explique Yves Cabannes, ancien coordinateur du Programme de gestion urbaine des Nations unies. « Ils vont prioriser des actions qui seront ensuite exécutées par les pouvoirs publics. »

D’après la coopération au développement suisse (DDC), quatre principes circonscrivent la méthode : réorienter les ressources publiques en direction des plus pauvres, créer de nouvelles relations entre municipalités et citoyens,reconstruire le lien socialinventer une nouvelle culture démocratique.

Anne Hidalgo a évoqué la somme de 426 millions d’euros discutée sur six ans, soit 71 millions par an, somme reprise dans un rapport de Jean-François Martins, adjoint à la mairie chargé du sport et du tourisme. « Ce montant est le plus important au monde pour une initiative de ce type », explique la maire. Mais l’envergure du projet est un peu exagérée.

Porto Alegre et Chengdu, championnes de la catégorie

Dans une vidéo qui date du 5 avril 2012, M. Cabannes faisait déjà allusion à un montant annuel plus important : celui d’une ville… chinoise « avec un budget participatif de 200 millions de dollars » –  près de 150 millions d’euros.

Il s’agit de Chengdu, « ville des hibiscus » et capitale de la province de Sichuan, dans le centre ouest de la ChineL’association de recherche de solutions innovantes Resolis a compté un budget annuel de 270 millions d’euros pour 2014. La municipalité attribue un montant par an à chaque village de la province, en fonction de sa taille et de ses besoins. Six millions de citoyens ont pris part aux décisions locales depuis 2009, d’après Resolis. « La participation directe permet (…) d’améliorer les services publics ruraux et de combler le fossé entre les villes et les campagnes. »

Au niveau du temps, de l’espace et du montant global, le projet de la maire de Paris n’est donc pas le plus important au monde. Autre point de comparaison : la part de budget participatif par habitant, autrement dit la marge de manœuvre de chaque citoyen sur ce type de budget. Ce n’est ni Paris ni Chengdu qui remporte la palme, mais Porto Alegre, ville brésilienne pionnière en la matière (voirgraphique ci-dessous). Elle codécide avec ses citoyens 20 % de son budget annuel.

Le budget participatif est à la mode aux quatre coins du monde

Depuis les premiers exercices de budget participatif en 1989, à Porto Alegre, ville méridionale du Brésil, la pratique participative s’est propagée aux quatre coins du monde : expansion sur le continent latino-américain (EquateurPérouArgentine), des premiers pas en Europe (EspagnePortugalItalieSuèdeRoyaume-Uni,France), en Afrique (Cameroun) et en Asie (Chine). Aucune liste n’est exhaustive.

A la fin de 2013, la Maison-Blanche a relayé le deuxième plan du président Barack Obama pour rendre le gouvernement américain plus transparent. Parmi les mesures dévoilées se trouvent la promotion du budget participatif. Les pays du Moyen-Orient sont les seuls à rester timides sur la question.

Chaque municipalité a ses règles du jeu. Ainsi, un budget est plus ou moins participatif selon la marge de manœuvre accordée aux citoyens, le budget qui leur alloué. Cet instrument se fonde sur une participation volontaire des citoyens à la vie locale. Ces derniers décident, directement, avec les élus de la manière dont sera dépensé le budget de leur ville.

Yves Cabannes considère le budget participatif comme « un cycle à deux étapes »« Lors de la première étape qui dure en général sept à huit mois, les citoyens émettent des propositions de projets sur des quartiers, des thèmes. Ensuite les pouvoirs publics évaluent le coût des desseins citoyens, desseins qui sont ensuite votés par le conseil municipal. » La seconde étape consiste au suivi de la gestion de l’enveloppe jusqu’à la mise en place du projet.

Tiago Peixoto, qui travaille sur l’engagement citoyen à la Banque mondiale, tente de retracer toutes les expériences de budget participatif qui fleurissent depuis les années 2000. Au total, 1 500 municipalités, gouvernements, ou institutions auraient testé ce processus (voir carte ci-dessous). Les budgets participatifs réalisés en ligne sont marqués en rouge, les autres sont en jaune. Les projets à l’essai sont en bleu.

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