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« L’économie collaborative finira par bouleverser tous les secteurs d’activité »

Article paru dans le Journal du Net | 01/07/2014 | Par Flaure Fauconnier

Comment les entreprises traditionnelles doivent-elles s’adapter à cette nouvelle révolution ? Le JDN a interviewé le gourou du collaboratif, présent à Paris pour les Enjeux E-Commerce 2014.

JDN. Quel est l’enjeu de l’essor de la consommation et de l’économie collaboratives ?

Jeremiah Owyang. Nous commençons à peine à nous familiariser avec les médias sociaux et nous devons déjà nous adapter à une nouvelle révolution, celle de l’économie collaborative. Prenez AirBnB et son million de chambres réservées chaque mois. Cette entreprise, passée de 0 à 100km/h en 3 ans seulement, est emblématique de l’ascension rapide du commerce peer-to-peer. Après l’ère d’Internet puis celle des média sociaux, nous entrons dans l’ère de l’économie collaborative.

D’ailleurs Google ne s’y trompe pas, il est le plus important investisseur dans l’économie collaborative. Il a notamment injecté 258 millions de dollars dans Uber en août 2013 puis participé à la récente levée de 1,2 milliard de dollars de la start-up. Entre autres multiples prises de participation dans ce domaine, Google a également investi dans Lending Club.

Si les gens obtiennent ce dont ils ont besoin directement auprès d’autres personnes, quelle est la place des entreprises ?

Je pense qu’elles ont leur place dans l’économie collaborative, qui repose sur un modèle où la création, la propriété et l’accès sont partagés entre les gens et les sociétés. J’y vois un parallèle avec la structure alvéolaire des rayons de miel dans les ruches. La nature les a parfaitement dessinés, ils sont efficaces, résistants et peuvent supporter un poids important car celui-ci est distribué sur toutes les alvéoles. C’est ce qui se passe dans l’économie collaborative. Au centre, on trouve les gens. Ils ne consomment pas : ils fabriquent – c’est le mouvement des « makers » -, financent, mettent en location leur voiture ou leur appartement… Les clients deviennent effectivement les concurrents des entreprises. Elles doivent donc trouver comment s’appuyer sur les alvéoles que constituent les gens pour les engager, se fortifier grâce à eux et gagner en rentabilité.

Quelles sont les industries aujourd’hui « disruptées » par l’économie collaborative et quelles entreprises parviennent à s’y adapter ?

J’en vois pour l’instant six. Les biens physiques, l’alimentaire, les services, le transport, l’espace physique et enfin l’argent.

Prenons l’exemple des biens physiques. Tout ce dont on a besoin est en train de prendre la poussière dans le placard d’un voisin. Pour ma fille de 2 ans, j’ai pris le parti de louer des jouets car il ne me servira à rien de les garder 10 ans. Une plateforme comme Yerdle permet quelque chose de similaire : donner n’importe quel bien physique ou en obtenir gratuitement. Du côté des entreprises traditionnelles, on a par exemple vu Ikea lancer une marketplace où les particuliers peuvent vendre leurs meubles utilisés. Cette initiative contribue à construire sa communauté de clients et à montrer son engagement pour le développement durable, mais crée aussi une opportunité d’up-selling. Autre exemple, celui de Nokia qui publie des fichiers 3D pour permettre aux consommateurs de fabriquer leur propre coque de smartphone.

Et dans les autres industries ?

Dans les produits alimentaires et pharmaceutiques, où on voit par exemple la start-up française Cookening transformer en restaurant les cuisines de particuliers, on peut citer la chaîne de pharmacie Walgreens qui, pour livrer les médicaments à domicile, a noué un partenariat avec TaskRabbit, plateforme sur laquelle les gens se rendent des petits services contre rémunération.

Quant aux services, qui voient apparaître des applications comme en France Stootie, bâtie sur le même principe que TaskRabbit, la firme Coca Cola a eu une idée brillante avec son application Wonolo – pour « work now locally » – qui transforme ses clients en salariés. Le gérant d’une boutique a besoin d’aide pour décharger une palette de canettes et en garnir un rayon ? Pas besoin d’un recrutement à plein temps, un utilisateur de Wonolo qui passe par là va pouvoir rendre ce service contre rémunération. Pour lui, pour la boutique et pour Coca Cola, c’est du win-win-win.

Dans le transport, où par exemple tout un chacun peut devenir chauffeur de VTC grâce à UberPop, de nombreux constructeurs automobiles ont lancé des initiatives collaboratives…

On peut en effet mentionner Peugeot qui au travers de son service de location Mu by Peugeot redéfinit véritablement la propriété. Ou Daimler avec son concept d’autopartage urbain Car2Go. Ou BMW et sa gamme de véhicules dédiée à la location : les villes étant de toutes façons saturées de voitures, mieux vaut vendre une voiture mille fois que vendre mille voitures !

Dans l’espace physique, la valorisation d’AirBnB atteint 10 milliards de dollars alors qu’au contraire d’un Accor, valorisé à peine plus, il ne possède rien. Mais AirBnB fournit une expérience unique, authentique et locale, or parfois on désire ces échanges plus humains. Il existe donc plusieurs raisons pour les consommateurs de s’y mettre. Citons aussi LiquidSpace, qui s’est donné la même mission sur la location court-terme de bureaux et de salles de réunion. Et bien là encore, les entreprises traditionnelles de ce segment, c’est-à-dire les hôtels, ont commencé à s’approprier les modèles collaboratifs. A l’instar de Marriott qui a lancé Workspring, des espaces de coworking que l’on loue à la demande.

Venons-en à la sixième industrie que bouleverse actuellement l’économie collaborative : l’argent…

Les gens créent leur propre monnaie : le Bitcoin. Ils financent des projets en crowdfunding, comme sur KissKissBankBank. Ils se prêtent les uns aux autres sur des plateformes telles que Lending Club. Et ces initiatives sont très puissantes ! Prenez la montre connectée de Pebble. Ce sont 85 000 personnes qui l’ont pré-achetée sur Kickstarter et lui ont permis d’arriver sur le marché avant l’iWatch. La foule a battu Apple ! Je suis d’ailleurs convaincu que le crowdfunding est la forme la plus poussée de la loyauté, car elle signifie un destin commun.

Côté entreprises traditionnelles, la société de déménagement et de stockage U-Haul a lancé un « club d’investisseurs » pour inciter les gens à financer ses propres camions et équipements et à en retirer un rendement régulier. Les banques examinent déjà de près les monnaies virtuelles, j’attends maintenant qu’une première banque lance sa plateforme de crowdfunding.

Quel serait leur intérêt ?

Un projet comme Pebble, très bien financé sur Kickstarter, aurait pu et peut toujours intéresser un banquier. Le crowdfunding présente pour les banques l’opportunité de se rapprocher des très petites entreprises tout en transférant le risque sur le peer-to-peer. Elles peuvent imaginer de prendre une commission, offrir d’autres services payants et, enfin, identifier très en amont les entreprises en forte croissance pour les financer ensuite.

Quelles sont les prochaines industries que l’économie collaborative révolutionnera ?

Tout d’abord l’éducation, car les MOOCs permettront aux gens de se former et d’échanger leurs compétences entre eux. Ensuite l’énergie. Il est encore très tôt et on ne sait pas encore sous quelle forme. Mais on voit déjà cette tendance émerger en observant les projets financés par crowdfunding. La santé y passera aussi et l’on verra les gens commencer à prendre soin les uns des autres. C’est déjà le cas avec l’application HelpAround.co, qui permet aux diabétiques de demander de l’insuline aux autres diabétiques répertoriés, lorsqu’un imprévu les prive de la leur. Un jour ou l’autre, la disruption venue du collaboratif interviendra dans tous les secteurs d’activité.

Quelle est la vitesse d’adoption des services collaboratifs ?

A ce jour j’ai répertorié plus de 9 000 start-up dans ce domaine. Fin 2013, 7% à 9% des consommateurs américains, canadiens et britanniques y avaient récemment eu recours. Fin 2014, cette proportion aura augmenté jusqu’à 12% à 15%. Autrement dit, on commence à se rapprocher des 30% d’usage d’eBay, pour sa part mature. C’est donc maintenant que les entreprises doivent s’y plonger, tant que ces usages sont encore en progression !

Combien y parviendront-elles ?

Elles seront nombreuses à savoir s’adapter. Elles ont déjà beaucoup appris des médias sociaux et les ont intégrés à leur stratégie. Mais elles devront s’organiser. Parmi toutes les initiatives collaboratives que j’ai déjà recensées dans les entreprises traditionnelles, la plupart ont monté un « lab ». Cette structure, à part dans l’organisation, permet de ne pas être entravé par la bureaucratie du reste de l’entreprise. Quant aux entreprises plus petites, elles disposent normalement de l’agilité nécessaire pour prendre plus facilement ce genre de tournant.

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Le budget participatif, nouvelle tendance des villes du monde

Article paru dans Le Monde – Les Décodeurs | 03/07/2014 | Par Diane Jean

« Je souhaite donner les clés du budget aux citoyens », a soutenu Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, mercredi. Ce même jour, elle a lancé son opération de budget participatif, sur la place de la République. Mesure innovante pour la capitale, vecteur de démocratie directe, les arguments pleuvent pour justifier le démarrage d’une telle initiative à la mode.

Qu’est-ce qu’un budget participatif ?

« C’est un processus au cours duquel les habitants d’une ville vont décider d’une partie ou de l’ensemble des ressources publiques », explique Yves Cabannes, ancien coordinateur du Programme de gestion urbaine des Nations unies. « Ils vont prioriser des actions qui seront ensuite exécutées par les pouvoirs publics. »

D’après la coopération au développement suisse (DDC), quatre principes circonscrivent la méthode : réorienter les ressources publiques en direction des plus pauvres, créer de nouvelles relations entre municipalités et citoyens,reconstruire le lien socialinventer une nouvelle culture démocratique.

Anne Hidalgo a évoqué la somme de 426 millions d’euros discutée sur six ans, soit 71 millions par an, somme reprise dans un rapport de Jean-François Martins, adjoint à la mairie chargé du sport et du tourisme. « Ce montant est le plus important au monde pour une initiative de ce type », explique la maire. Mais l’envergure du projet est un peu exagérée.

Porto Alegre et Chengdu, championnes de la catégorie

Dans une vidéo qui date du 5 avril 2012, M. Cabannes faisait déjà allusion à un montant annuel plus important : celui d’une ville… chinoise « avec un budget participatif de 200 millions de dollars » –  près de 150 millions d’euros.

Il s’agit de Chengdu, « ville des hibiscus » et capitale de la province de Sichuan, dans le centre ouest de la ChineL’association de recherche de solutions innovantes Resolis a compté un budget annuel de 270 millions d’euros pour 2014. La municipalité attribue un montant par an à chaque village de la province, en fonction de sa taille et de ses besoins. Six millions de citoyens ont pris part aux décisions locales depuis 2009, d’après Resolis. « La participation directe permet (…) d’améliorer les services publics ruraux et de combler le fossé entre les villes et les campagnes. »

Au niveau du temps, de l’espace et du montant global, le projet de la maire de Paris n’est donc pas le plus important au monde. Autre point de comparaison : la part de budget participatif par habitant, autrement dit la marge de manœuvre de chaque citoyen sur ce type de budget. Ce n’est ni Paris ni Chengdu qui remporte la palme, mais Porto Alegre, ville brésilienne pionnière en la matière (voirgraphique ci-dessous). Elle codécide avec ses citoyens 20 % de son budget annuel.

Le budget participatif est à la mode aux quatre coins du monde

Depuis les premiers exercices de budget participatif en 1989, à Porto Alegre, ville méridionale du Brésil, la pratique participative s’est propagée aux quatre coins du monde : expansion sur le continent latino-américain (EquateurPérouArgentine), des premiers pas en Europe (EspagnePortugalItalieSuèdeRoyaume-Uni,France), en Afrique (Cameroun) et en Asie (Chine). Aucune liste n’est exhaustive.

A la fin de 2013, la Maison-Blanche a relayé le deuxième plan du président Barack Obama pour rendre le gouvernement américain plus transparent. Parmi les mesures dévoilées se trouvent la promotion du budget participatif. Les pays du Moyen-Orient sont les seuls à rester timides sur la question.

Chaque municipalité a ses règles du jeu. Ainsi, un budget est plus ou moins participatif selon la marge de manœuvre accordée aux citoyens, le budget qui leur alloué. Cet instrument se fonde sur une participation volontaire des citoyens à la vie locale. Ces derniers décident, directement, avec les élus de la manière dont sera dépensé le budget de leur ville.

Yves Cabannes considère le budget participatif comme « un cycle à deux étapes »« Lors de la première étape qui dure en général sept à huit mois, les citoyens émettent des propositions de projets sur des quartiers, des thèmes. Ensuite les pouvoirs publics évaluent le coût des desseins citoyens, desseins qui sont ensuite votés par le conseil municipal. » La seconde étape consiste au suivi de la gestion de l’enveloppe jusqu’à la mise en place du projet.

Tiago Peixoto, qui travaille sur l’engagement citoyen à la Banque mondiale, tente de retracer toutes les expériences de budget participatif qui fleurissent depuis les années 2000. Au total, 1 500 municipalités, gouvernements, ou institutions auraient testé ce processus (voir carte ci-dessous). Les budgets participatifs réalisés en ligne sont marqués en rouge, les autres sont en jaune. Les projets à l’essai sont en bleu.

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Le crowdfunding : première place de marché mondiale ?

Article paru dans GoodMorningCrowdfunding | 02/07/2014 | Par  Thomas Roche

Avec près de 5 milliards de dollars collectés en 2013, le marché du financement participatif est en pleine explosion.

Nous constatons que malgré la jeunesse de l’industrie le crowdfunding évolue avec le temps. Partant du principe du don, il est aujourd’hui possible de prêter et d’investir dans les entreprises et ce ne sont pas les seules changements.

Les plateformes américaines

Précurseurs mondiales, les plateformes nord américaines Kickstarter et Indiegogo (pour ne citer que les plus connues) sont devenues en quelques années l’endroit de référence pour trouver le nouveau produit en vogue ce qui transforme peu à peu l’utilisation du financement participatif.

Outre atlantique, le marché est plus mature on constate donc une évolution dans les applications du crowdfunding. Côté porteur de projet, l’aspect communication que peut apporter une campagne prend de plus en plus le pas sur l’aspect financier. Côté contributeur, les motivations ne sont plus forcément les mêmes…

Un mode de consommation différent 

Aujourd’hui, les raisons pour lesquelles le contributeur finance un projet ne sont plus seulement assimilées à la proximité qu’il peut avoir avec le porteur de projet.

Les plateformes de crowdfunding représentent un endroit où le consommateur pourra trouver le nouveau produit et deviennent donc une nouvelle place de marché de référence.

L’apport de ce nouveau canal de distribution vient combler un besoin et peut devenir dès demain l’atout numéro 1 des plateformes de financement participatif.

Beaucoup de sociétés ont bien compris tout l’intérêt d’être présentes sur ce type de plateformes et proposent leur produit en avant première via le crowdfunding.

Verra-t-on une généralisation de la pratique ? Irons-nous prochainement faire nos courses sur les plateformes de crowdfunding ?

Il est difficile d’envisager que les plateformes concurrencent les grands noms de la vente en ligne. Néanmoins si les prédictions du marché se réalisent (1000 milliards de dollars collectés en 2020) il se pourrait bien que la hiérarchie soit bousculée…

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Crowdfunding : de nouvelles mesures

Article paru sur www.tousnosprojets.fr | 01/07/2014 | Par  BPI France

Une réglementation qui se met en place

Suite aux premières assises de la finance participative fin septembre 2013, la réglementation ne cesse d’évoluer. Pour preuve, Fleur Pellerin ancienne Ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation, et de l’Economie numérique a convoqué le 14 février 2014 les acteurs de l’industrie pour annoncer la création d’un cadre légal de la profession.

Les ordonnances ont été présentées le 28 mai 2014 en conseil des ministres.

Les décrets d’applications sont prévus courant juillet 2014.

Don : un assouplissement des règles pour les établissements de paiement

Le don est le mode financement le moins soumis à la nouvelle réglementation.

Le montant des campagnes de crowdfunding reste libre, les porteurs de projets pourront donc continuer à fonctionner comme ils le souhaitent.

L’ordonnance prévoit également un assouplissement des règles pour les établissements de paiement. Cette mesure est mise en œuvre pour favoriser la création de nouvelles plateformes de financement participatif en diminuant les barrières à l’entrée.

Prêt : un nouveau statut (IFP), des règles de transparence et des seuils de montants à respecter 

Le nouveau cadre réglementaire prévoit  la création d’un statut en Intermédiaire de Financement Participatif (IFP).

Les plateformes de financement participatif ne seront plus dans l’obligation d’avoir un seuil minimum de fonds propres.

Le mode de financement du prêt via le crowdfunding sera plafonné à un million d’euros par projet. En pratique, cette mesure ne concernera que le prêt aux entreprises et non le prêt entre particuliers.

La plateforme de crowdfunding devra respecter des règles de transparence auprès du contributeur en l’informant du risque encouru. De plus, elle devra proposer au futur « prêteur » une aide dans la prise de décision.

L’information sur les coûts d’utilisation de la plateforme ainsi que sur les projets non financés viennent s’ajouter aux mesures de transparence.

Enfin les contributeurs ne pourront prêter que 1000€ par projet afin de limiter et diversifier le risque.

Investissement en capital : un mode de fonctionnement assoupli

Dans le même esprit que pour le prêt, la nouvelle réglementation prévoit la création d’un  statut de Conseiller en Investissement Participatif (CIP). Les plateformes de crowdfunding dont le mode de financement est l’investissement en capital pourront exercer sans minimum de fonds propres.

La plateforme devra respecter une transparence sur les coûts d’utilisation ainsi que sur le risque pris par le contributeur.

Tous les projets jusqu’à un million d’euros pourront bénéficier d’une simplification des informations données aux futurs investisseurs.

Enfin, il sera désormais possible d’investir au capital des Sociétés par Actions Simplifiées (SAS).

Un label pour certifier les plateformes

La création d’un label pour les plateformes de crowdfunding qui respectent la transparence des informations viendra s’ajouter aux différents nouveaux statuts.

Un signal fort des pouvoirs publics

Lors de la première fête du crowdfunding Arnaud Montebourg a tenu à rappeler que le gouvernement continuait ses efforts en faveur dufinancement participatif.

Il a notamment annoncé :

  • La Convocation de la deuxième édition des Assises de la finance participative en décembre 2014. Ces Assises ont pour but de constater l’impact des changements réglementaires sur la profession et le cas échéant de la réadapter.
  • La possibilité de créer un fond d’abondement pour les projets en prêt ou en investissement en capital. Ce fond public permettrait au gouvernement d’injecter directement des fonds aux projets qui utilisent le financement participatif
  • La possibilité pour les plateformes françaises de devenir de véritables leaders européens.
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Le financement participatif gagne en légitimité

Article paru dans Les Echos | 30/06/2014 | Par  René Nicol

Ce nouveau mode de financement permet non seulement de rediriger une partie de l’épargne financière vers l’économie réelle, mais aussi de réconcilier les particuliers avec le monde de l’entreprise.

La France vient de publier une ordonnance encadrant le financement participatif (« crowdfunding »), rejoignant les rares pays, pour l’instant les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, ayant donné un cadre réglementaire à ce mode de financement innovant. Si les montants restent encore limités (78 millions d’euros levés en 2013 en France, dont 10 sous forme d’actions), un cap est franchi pour cette activité en croissance rapide qui acquiert ainsi la légitimité lui permettant de figurer de façon crédible dans le panel de moyens de financement offerts aux entreprises.

L’ordonnance a créé deux types d’intermédiaires, l’un pour la souscription d’actions et l’autre pour les opérations de prêts. Leur rôle sera de sécuriser les investisseurs en prenant la responsabilité de la sélection des dossiers, en les informant sur les risques élevés liés à ce type d’investissement et en leur proposant des outils d’aide à la décision. Le texte, qui semble satisfaire les différents intervenants, allège les formalités d’appel à l’épargne, dans la limite d’un montant adapté à des dossiers qui échappent aux circuits de financement classiques. Le chiffre évoqué de 1 million d’euros par dossier sera prochainement fixé par décret.

Le financement participatif doit être encouragé. Il permet non seulement de rediriger une partie de l’épargne financière vers l’économie réelle, mais aussi de réconcilier les particuliers avec le monde de l’entreprise. La proximité entre les parties prenantes étant un gage de réussite, les banques, qui ont connaissance dans leurs réseaux d’une multitude de besoins de financement, pourraient contribuer à l’animation de ce marché. Il appartient désormais à l’Union européenne de jouer un rôle majeur dans la coordination des initiatives de financement participatif. La France devra y prendre une part active pour entraîner l’ensemble de ses partenaires.

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Fleur Pellerin ouvre un nouveau marché en soutenant le développement du crowdfunding

Article paru dans Le Cercle – Les Echos | 07/10/2023 | Par un collectif membre de Financement Participatif France

Le crowdfunding, nouveau mode de levée de fonds en plein développement, permet d’accompagner des projets d’entreprises qui n’ont pas trouvé de financement bancaire ou qui veulent sortir du circuit classique. Pour conserver sa vitalité et sa contribution à la croissance, le gouvernement doit écouter les acteurs de cette nouvelle économie.

Dans le sillage des 1ères assises du financement participatif, lundi 30 septembre dernier, et devant plus de 600 personnes venues en savoir plus auprès des professionnels du secteur, le gouvernement annonçait la préparation de diverses mesures destinées à appuyer le développement du crowdfunding en France.

Rappelons ici que le financement participatif est en pleine croissance en France avec une collecte prévisionnelle sur l’année 2013 estimée à EUR 70 ME,  en croissance de plus de 150 % par rapport au S1 2012. Ce sont aujourd’hui près de 50 plateformes qui proposent aux porteurs de projets des financements en don, en prêt ou en capital qui viennent compléter les outils de financements traditionnels. On estime le potentiel de collecte en France à  6 milliards d’euros à l’horizon 2020.

Ces annonces du gouvernement doivent être saluées en ce qu’elles positionneront la France à l’avant garde des pays européens, en tant que  premier pays à favoriser  le développement de tous les métiers de ce secteur émergent. Alors que le JOBS Act traîne aux Etats-Unis, la France prend les devants au sein de l’UE  sur ce sujet essentiel au financement de l’économie.

Après plusieurs mois d’échanges avec le gouvernement, l’AMF et l’ACP, les propositions tendent à alléger les procédures d’appel public à l’épargne et envisagent la création d’un statut adapté pour les plateformes internet d’equity. Elles vont aussi permettre aux plateformes de prêt d’offrir des prestations de prêts rémunérés. Ces deux avancées sont essentielles et sont donc les bienvenues.

C’est désormais une période de consultation de 6 semaines qui s’ouvre pour les acteurs du secteur. Un travail de collaboration sera effectué dans ce cadre entre les différentes plateformes pour offrir une proposition commune. Chacune pourra également apporter des propositions de façon individuelle. On songe notamment aux discussions à venir sur les seuils proposés qui nous semblent pour le moment trop restrictifs (plafond de 300 000 euros de levée possible par projet sur la plateformes de titre et de prêt, et montant unitaire de prêt par projet limité à 250 euros par prêteur). Ainsi qu’à la nature exacte du futur agrément d’établissement de paiement spécifiquement créé pour les plateformes de dons et de prêts solidaires.

Le financement de projets, de l’entrepreneuriat, mais aussi de l’économie sociale et solidaire est un sujet capital en France, l’assouplissement des règles d’accès au financement, notamment pas le biais des plateformes de crowdfunding est une très bonne nouvelle pour la France. Les acteurs du secteur se réjouissent des discussions à venir qui vont permettre d’affiner les propositions du gouvernement et aboutir sans nul doute à un texte d’avant-garde au service de l’emploi de la croissance.

Les plateformes signataire de ce point de vue : Afexios, Anaxago ,Arizuka, Babyloan, Bluebees, Bulb inTown, Ethik Angels, KissKissBankBank, Lumo, My Major Company, Spear, Touscoprod, Ulule.

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Le gouvernement veut doper le financement participatif

Article paru dans LE MONDE  |Par Patrick Roger

Pierre Moscovici, à son tour, apporte sa pierre au complexe édifice de la simplification. Le projet de loi que le ministre de l’économie et des finances a présenté, mercredi 4 septembre, au conseil des ministres constitue le volet entreprise du programme triennal de simplification décidé lors du comité interministériel pour la modernisation de l’administration publique (Cimap) du 17 juillet. Il répond au fameux « choc de simplification » appelé de ses vœux par François Hollande.

Le gouvernement a choisi de passer par un projet de loi d’habilitation l’autorisant à prendre des ordonnances. Celui-ci devrait être examiné en première lecture début octobre pour être adopté avant la fin de l’année. Les ordonnances de mise en œuvre seraient prises début 2014.

Une procédure que ne goûtent guère les parlementaires, mais qui traduit la volonté d’aller vite en la matière. La part d’ombre des ordonnances, c’est qu’elles échappent au débat parlementaire et ménagent un circuit court aux réseaux d’influence.

Le projet de loi porte la trace de différentes propositions formulées dans le rapport remis en juillet par Thierry Mandon, député (PS) de l’Essonne, mais aussi par les organisations professionnelles…

Voir la totalité de l’article sur le site du Monde

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« Crowdfunding » : le plan de Bercy pour doper ce nouveau mode de financement

Article des Echos du 04/09/20132

Par Edouard Lederer

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Ce n’est pas encore le grand soir qu’attendaient les promoteurs du financement participatif en France. Mais on s’en rapproche pas à pas. Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, va proposer aujourd’hui en Conseil des ministres un assouplissement du cadre réglementaire appliqué à ce type de financement de plus en plus en vogue.

Pour mémoire, ce vocable venu de l’anglais « crowdfunding » regroupe les sites Internet capables de recueillir les contributions des particuliers pour financer des projets, investir en actions, ou accorder des prêts (voir ci-dessous). Les différentes plates-formes françaises doivent se conformer à une réglementation antérieure à l’émergence de ce financement en ligne. Ce qui explique la demande insistante de création d’un cadre plus adapté à ces microstructures. Au mois de mai, l’Autorité des marchés financiers (l’AMF) ainsi que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avaient d’ailleurs publié un guide commun des règles à suivre, témoignant de l’inadéquation des textes. Une partie de la réponse devrait figurer dans le projet de loi présenté aujourd’hui. Destiné à la «  simplification et à la sécurisation de la vie des entreprises » (voir aussi pp. 2-3), ce texte comprend un volet consacré au « crowdfunding ». Un statut de « conseiller en financement participatif » pourrait voir le jour, plus souple que celui de « prestataire de services d’investissements » dont relèvent les plates-formes d’investissement en capital. Les plates-formes de don et de prêts non-rémunérés – qui répondent à la définition d’un « établissement de paiement » – bénéficierait d’un « régime prudentiel allégé ».

Le texte propose aussi d’ajouter une exception au monopole bancaire en matière de crédit, au profit du « crowdfunding ». Les crédits ainsi accordés seraient plafonnés, à un montant qui reste à préciser. Au programme, enfin, une «  adaptation du régime et du périmètre des offres au public de titres financiers », sans remettre en cause le cadre européen actuellement en vigueur. «  Ces adaptations permettent de travailler sereinement en France, mais il faut encore élargir le terrain de jeu », souligne François Carbone, cofondateur de la plateforme Anaxago. De fait, en juin dernier, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, avait appelé à un « c adre adéquat pour limiter les risques éventuels » du financement participatif. A moins de neuf mois des élections européennes, ce texte risque cependant de ne pas voir le jour avant la mise en place de la prochaine Commission. Bercy abat ainsi ses premières cartes mais, nuance importante, sans fermer la porte au dialogue. Le texte est un projet de loi « d’habilitation », permettant au gouvernement d’agir plus tard par ordonnances. Les mesures présentées aujourd’hui seront ensuite précisées.

 

Lire l’article sur Les Echos.fr

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« Crowdfunding: Untapping its potential, reducing the risks » – Intervention de Mr Michel Barnier, commissaire européen

« Crowdfunding: Untapping its potential, reducing the risks »

Bruxelles, le 3 juin 2013

Intervention de Mr Michel Barnier, commissaire européen

 

« Mesdames et Messieurs,

Tout d’abord, merci à chacun et chacune d’entre vous pour votre présence aujourd’hui.

Merci aussi aux équipes de la Direction générale Marché intérieur et services qui ont organisé cet atelier que nous avons voulu le plus ouvert et prospectif possible.

Pour mieux définir les contours de ce sujet nouveau et prometteur qu’est le crowdfunding, nous avons besoin de toute la diversité des acteurs qui sont représentés aujourd’hui. Et je me réjouis que Philippe DE BACKER [ALDE/BE] et Anna-Maria DARMANIN [Présidente de l’Observatoire du marché unique, CESE] soient ce matin à mes côtés pour lancer les discussions.

Face à la crise financière, économique et sociale qui continue à toucher l’Europe, il est clair que nous ne pouvons pas nous contenter de poser des rustines, en traitant les problèmes au cas par cas.

Si nous voulons faire redémarrer l’activité, et rendre sa vigueur à notre économie sociale de marché compétitive, nous devons inventer ensemble un nouveau modèle de croissance, plus innovant, plus social et plus durable.

Ce nouveau modèle, nous avons déjà commencé à en esquisser les contours.

Depuis trois ans, nous avons proposé 28 lois pour remettre la finance au service de l’économie réelle : nouvelles règles prudentielles, encadrement des dérives spéculatives de techniques comme les ventes à découvert, limitation des bonus excessifs : tout cela, ajouté à l’union bancaire en cours de création, doit contribuer à stabiliser le secteur financier et à mettre les ménages et les entreprises à l’abri d’une nouvelle crise financière.

A côté de cette régulation « réparatrice », il est désormais temps de mettre l’accent sur une régulation « proactive », pour assurer la reprise du financement de l’économie.

Nous avons commencé à le faire, par exemple avec l’accord sur un « passeport européen » pour permettre aux fonds qui investissent dans le capital-risque ou dans les entreprises sociales de lever du capital auprès d’investisseurs situés dans toute l’Europe, sur la base d’un enregistrement unique.

Notre récent Livre vert sur le financement à long terme de l’économie européenne doit également nous permettre de trouver les meilleurs moyens de réorienter l’épargne vers le financement des infrastructures dont nous aurons besoin pour faire face au changement démographique, à la transition écologique et renforcer notre compétitivité.

Par exemple, faut-il créer des véhicules d’épargne spécifiques au niveau européen ? Faut-il revoir la structure et le niveau de la fiscalité ? Faut-il adapter les normes comptables et les règles de gouvernance d’entreprise ?

La consultation actuellement en cours doit nous permettre de répondre à ces questions.

Mesdames et Messieurs,

Dans le cadre de cette réflexion générale visant à doter l’Europe de sources de financement plus diversifiées, plus durables, mieux adaptées à l’économie réelle et aux problématiques sociales, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la question du crowdfunding.

I – Le crowdfunding a le potentiel pour devenir un vecteur important du nouveau modèle de croissance à inventer.

1. Premièrement, à l’heure où les banques restent souvent réticentes à accorder des crédits, le crowdfunding permet de financer des projets exclus des circuits de financement classiques.

On pense naturellement aux projets artistiques, comme les albums musicaux ou les films, qui sont sur le devant de la scène médiatique. Mais on pourrait tout aussi bien citer le financement des petites entreprises ou des entreprises sociales.

Certaines phases du développement d’entreprises de plus grande taille, comme la mise au point de prototypes pourraient également être concernées.

2. Deuxièmement, au-delà de l’aspect purement financier, le crowdfunding permet aux porteurs de projet de tester leur idée auprès d’une communauté d’investisseurs potentiels, qui pourront par la suite constituer une base de clientèle a priori fidèle.

Dans certains cas, cette phase de test donne lieu à une véritable démarche itérative, qui permet de renforcer l’idée originale et d’en améliorer la valeur ajoutée culturelle, économique ou sociale.

3. Troisièmement, le crowdfunding est un puissant vecteur d’innovation, qui permet à de nombreux entrepreneurs de monter leur entreprise en proposant des services innovants. Je pense en particulier, mais pas seulement, aux web-entrepreneurs.

Ce thème sera d’ailleurs au cœur de l’atelier organisé demain par la Direction générale CONNECT [Réseaux de communication, contenus et technologies], en coopération avec le European Crowdfunding Network, ce qui prouve par parenthèse l’intérêt que la Commission porte à ce sujet, et le travail déjà mené par ma collègue Neelie Kroes.

4. Enfin, en incitant les gens à investir, même des sommes très modestes, dans des projets auxquels ils croient, qu’ils soient de nature caritative ou mercantile, le crowdfunding peut contribuer à renforcer l’esprit d’entreprise et la cohésion sociale de notre continent.

Le crowdfunding présente donc de nombreux avantages, qui sont d’autant plus prometteurs que le phénomène se développe très rapidement, grâce à la force d’internet et à la maturité des réseaux sociaux.

Selon les chiffres fournis par les entreprises actives dans le domaine crowdfunding, le montant des fonds collectés dans le monde via le crowdfundinga quasiment doublé entre 2011 et 2012, passant de 1,1 milliard d’euros à plus de 2 milliards.

La même dynamique est à l’œuvre en Europe, où les plates-formes de crowdfunding ont collecté 446 millions d’euros en 2011 et 735 millions en 2012, et permis le financement de 470.000 projets.

Mesdames et Messieurs,

Si nous voulons exploiter le potentiel du crowdfunding, nous devons nous demander si ce phénomène qui reste émergent dispose en Europe d’un cadre adapté.

II – Quel cadre fournir au crowdfunding pour en favoriser un développement équilibré à l’échelle européenne ?

Cette question est d’autant plus délicate que le phénomène est en pleine évolution et recouvre en réalité des modèles très variés.

Les contreparties au financement participatif, en particulier, peuvent être multiples, qu’il s’agisse de dons ou d’avantages en nature, comme des CD, des places de spectacle, ou la mention du nom du donateur au générique d’un film, mais aussi de préventes, de reconnaissance de dettes ou de parts de société.

Selon les modèles retenus, les plates-formes de crowdfunding ou les porteurs de projets peuvent être soumis à des obligations très différentes.

Certains doivent se conformer à la réglementation bancaire et financière, notamment sur la fourniture de services d’investissement, l’offre au public de titres financiers, la réalisation d’opérations de banque, les services de paiement ou encore le démarchage bancaire ou financier. Sans parler des règles fiscales ou relatives aux pratiques commerciales déloyales ou au commerce électronique.

D’autres activités sont soumises à des obligations allégées, de par leur nature ou les faibles montants en jeu. Par exemple, les plates-formes ou porteurs de projets collectant des sommes peu importantes se trouvent généralement en-deçà des seuils d’application des règles sur les prospectus à publier lors des offres publiques de produits financiers.

Ces différences dans la réglementation se doublent d’une hétérogénéité des règles et des interprétations établies au niveau national.

Certains Etats membres, comme la France, la Belgique et l’Allemagne ont publié des guides visant à clarifier la manière dont le crowdfunding pourrait être régulé. D’autres, comme l’Italie, ont pris le parti d’un cadre spécifique au soutien des entreprises innovantes.

Tout en préservant le principe de subsidiarité, nous devons nous interroger sur la nécessité d’une meilleure mise en cohérence des cadres réglementaires nationaux, en particulier dans le cas de plates-formes ou porteurs de projets actifs dans plusieurs pays européens.

Nous devons aussi encourager une approche cohérente du phénomène avec nos partenaires internationaux, notamment les Etats-Unis, où nous suivons de près la mise en œuvre par la SEC du JOBS Act.

Mesdames et Messieurs,

En dépit de cette hétérogénéité réglementaire, les activités de crowdfunding soulèvent des questions communes.

Par exemple, comment assurer que les investisseurs ou donateurs ont accès à une information transparente et fiable sur le projet, les montants collectés et leur utilisation ?

Parallèlement, comment assurer une juste protection, notamment en termes de propriété intellectuelle, des informations parfois sensibles publiées par de jeunes entreprises innovantes ?

Quelles garanties offrir aux investisseurs et aux porteurs de projet en cas d’échec d’une plate-forme ? Et quelles stratégies de sortie prévoir pour les investisseurs en cas de difficulté de l’entreprise émettrice ou emprunteuse, notamment lorsque les titres ne sont pas cotés et peu liquides ?

L’atelier d’aujourd’hui doit nous permettre d’apporter de premières réponses à ces questions.

Il doit surtout nous aider à mieux appréhender collectivement un phénomène nouveau, dans sa grande diversité, avec ses avantages que nous devons saisir et ses éventuels risques à éviter.

Vos points de vue sur le cadre réglementaire actuel et ses effets sur les perspectives de développement du crowdfunding nous seront particulièrement utiles. Nous en tiendrons le plus grand compte au moment de décider des prochaines étapes de notre réflexion sur ce sujet.

Il est trop tôt pour savoir si le crowdfunding va révolutionner la finance, et même s’il perdurera dans ses formes actuelles.

Mais une chose est sûre : si ce phénomène prometteur tient ses promesses, l’Europe ne peut pas passer à côté ni se laisser distancée.

Nous devons mettre dès maintenant en place un cadre adéquat pour limiter les risques éventuels tout en encourageant le développement du secteur.

Je compte sur vous pour nous y aider.

Merci pour votre attention. »

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L’émergence de la finance participative pour un nouveau modèle de croissance en France

Article des Echos (Le Cercle) du 28/05/2013 | Fabien Risterucci | Politique économique

LE CERCLE. La France, pays à économie mature qui se remet en question, pourrait faciliter l’émergence d’un écosystème favorable au crowdfunding, ou Community Funding, et entrer dans un nouveau modèle de croissance.

Comme il est coutume de le dire dans les cercles bruxellois, les 23 millions de PME que compte l’Union européenne sont « la colonne vertébrale de son économie ». Parce que les PME ont un rôle majeur dans l’économie et la croissance, il est indispensable de faciliter leur développement afin qu’elles assurent ainsi le retour à une croissance durable dans les pays européens.

En situation de crise économique, nombreuses PME, notamment issues des économies du sud de l’Europe et de France connaissant un taux de chômage élevé, manquent de liquidités. Elles sont prises en étau, et la majorité d’entre elles se trouvent étranglées. Les nombreuses et couteuses mesures nationales de retour à la croissance n’y peuvent rien.

Il est à présent impératif de réduire le lourd fardeau bureaucratique qui pèse sur les épaules des entrepreneurs, de libérer les forces vives afin de redonner de la compétitivité aux entreprises.

Dès lors, l’amélioration de l’accès au financement souvent en amorçage des PME ainsi qu’une diversification de ses sources, comme la finance participative, également appelée finance collaborative ou crowdfunding, et que j’appelle « Community Funding » s’avèrent indispensables. Une forte initiative en ce sens servirait le développement économique et la création d’emplois en tant que tremplin favorisant l’esprit d’entreprise, la valeur travail, palliant par là même le manque de désir de prendre des risques qui est une caractéristique de nos sociétés. Cela permettrait de promouvoir l’initiative personnelle créatrice de valeur ajoutée et de prospérité en vue d’un bien collectif, tout en favorisant le rôle des femmes-chefs d’entreprises dans l’économie. Il n’y a pas de boîte à outil miracle autre qu’une réelle valorisation et une facilitation de la vie des entrepreneurs, seules solutions peut-être pour sortir les pays de la crise.

Dans un article du 1er mai 2012, j’exposais un repositionnement possible de la France sur l’échiquier de l’économie mondiale, inspiré du modèle entrepreneurial israélien et des atouts qu’offre la finance participative.

Un an après, beaucoup reste à accomplir dans un pays qui ces dernières années a vu émerger un nouveau type de start-ups. Des plateformes internet particulièrement innovantes permettent à de nombreux apporteurs d’argent d’investir de petites sommes dans des projets. Ces épargnants ont alors la possibilité de choisir la destination finale de leur argent (entreprise, projet créatif ou social) sous formes multiples : dons ou souscription avec contreparties en natures ou financières dites « rewards » ou « production » (Ulule, KissKissBankBank, Bulb in Town, Arizuka, Babeldoor, Touscoprod, Reservoir Funds, IAmLaMode, United Donations), sous forme également de fonds propres avec prises de participations dans le capital d’une entreprise (Wiseed, Finance Utile, Anaxago, SmartAngels, Afexios), sous forme de prêts rémunérés (Prêt d’Union, le site d’épargne solidaire Spear), ou encore de prêts non rémunérés (Babyloan, hellomerci). Lumo se spécialisant quant à elle sur les énergies renouvelables. Cette liste n’est pas exhaustive.

Au niveau mondial, et selon l’étude Massolution, 2,7 milliards de dollars ont ainsi pu être collectés en 2012 sur plusieurs centaines de plateformes, dont celles susdites. En 2013, ce ne sont pas moins de 5 milliards de dollars de collecte qui sont prévus. Mais si l’on regarde de plus près, les chiffres encore plus récents sont encourageants. Il se pourrait bien que les 6 milliards de dollars soient atteints à la fin de cette année. David Drake et TheSohoLoft envisagent quant à eux une industrie estimée à 1 000 milliards de dollars en 2020.

En France, pareillement les sommes collectées par les plates-formes internet enregistrent une progression exponentielle. Celle-ci pourrait être d’une tout autre importance, et surtout avoir un impact économique supérieur, si les plates-formes bénéficiaient d’un cadre réglementaire adapté à la nature et aux risques potentiels limités qu’engendre leur activité.

Pour répondre aux multiples sollicitations et inquiétudes exprimées, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP) ont publié conjointement le 14 mai dernier deux « Guides du crowdfunding », l’un à destination du grand public et l’autre à destination des plates-formes et des porteurs de projets. S’ils ne sont en réalité qu’un guide, ils ont le mérite d’exister. D’aucuns pensent que ce rappel à l’ordre et les références réglementaires inhérentes confirment la limitation du champ des possibles de ce nouvel outil de financement.

Fort d’un communiqué commun les ministres de Bercy sont également venus rappeler l’engagement que le Chef de l’État avait pris le 29 avril dernier, à l’occasion de la clôture des Assises de l’Entrepreneuriat, en assurant que « l’établissement d’un cadre juridique sécurisé de déploiement de la finance participative en France » se fera « dès septembre avec des propositions précises pour construire un cadre qui favorise l’essor de ce nouveau mode de financement des projets ».

Ainsi, après des mois d’échanges et de sensibilisation en petits comités sur les atouts qu’offre la finance participative, cette synchronisation entre administrations dénote un réel engagement des autorités envers une action concrète sur le sujet, par ailleurs d’actualité et source d’intérêt pour nombreux partis politiques, en vue des prochaines élections locales.

Capitalisant sur ce premier pas et d’ici l’échéance du mois de septembre, nous avons au sein de l’association professionnelle Financement Participatif France (FPF) le devoir d’avancer main dans la main avec les autorités et les multiples partenaires soutenant la finance participative. En tant que force de propositions et de réflexion éclairée quant à un éventuel statut spécifique d’établissement de financement participatif, il convient de repousser de fait l’épée de Damoclès qui pèse sur l’activité des plates-formes, lesquelles se voient appliquer une réglementation inadaptée en rapport au risque réel engagé par les membres de leur communauté.

Les acteurs de la finance participative s’y sont déjà astreints en créant une association professionnelle et en travaillant sur un Code de déontologie, qui est un code de bonnes pratiques engageant les plates-formes à fournir des services en toute transparence, sécurité, assistance, éthiques, et respectant les lois et règlements.

Sur cet élément important, je voudrais faire un parallèle entre la finance participative et la Microfinance en reprenant l’illustration utilisée par Emmanuelle Javoy de Planet Rating pour qui « la Microfinance est un outil multifonction à l’image du couteau ». C’est-à-dire un « outil à la fois utile dans le quotidien, qui peut être dangereux » s’il est trop ou mal utilisé « et qui permet des transformations merveilleuses ». Il est pressant, à mon sens, d’offrir un cadre adapté aux plates-formes internet afin qu’elles puissent rendre possible la partie merveilleuse tout en veillant à éviter les conséquences dangereuses de mauvaises pratiques.

Si l’action menée se situe à l’échelon national, une initiative au niveau européen est également en marche avec le European crowdfunding Network. Pour avoir participé à diverses rencontres et discussions avec des responsables de la Commission européenne ou du Comité économique et social européen, à Bruxelles, ou bien lors de la première Assemblée des PME organisée à Chypre en novembre dernier, j’atteste que le crowdfunding fait déjà partie de la grille de lecture comme moyen complémentaire de financement des PME.

D’ailleurs, l’atelier de travail organisé par la DG Marché Intérieur et Services de la Commission européenne afin d’examiner l’exploitation des potentiels et la réduction des risques relatifs au financement participatif, en présence notamment du commissaire Michel Barnier confirme la direction prise vers une probable évolution à terme des textes européens.

L’économie européenne, et la France en particulier, pourraient profiter d’une dynamique entrepreneuriale décuplée en libérant les énergies, tant par un meilleur assouplissement du marché du travail suggéré par nombre de parlementaires de droite comme de gauche y compris le député Pierre-Yves Le Borgn’ issu du monde de l’entreprise, que par une réduction des nombreuses lourdeurs administratives, le tout conjugué à un accès facilité à la finance participative.

En période de crise économique et morale, l’exode des esprits créatifs ne peut être la solution. La détermination des milieux entrepreneuriaux privés ou institutionnels est plus que jamais exacerbée, si bien que le milieu de la finance participative se mobilise en Europe. Par exemple, en marge d’une semaine du crowdfunding, des rencontres en Pologne, en Allemagne et aux Pays-Bas ont été organisées au mois d’avril.

Elles ont réuni les principaux experts du secteur en Europe, avec comme point phare la conférence de Berlin « The Future of Crowdfunding » à laquelle FR Prospektiv en tant que partenaire représentait l’association française. Les échanges ont été riches et mutuellement bénéfiques. Nos multiples actions en France trouvent écho en Europe.

En effet, certains de nos collègues européens ont exprimé un intérêt particulier pour répliquer dans leur pays le concept du « Tour de France de la Finance participative » initié par notre association le 11 octobre 2012 à Limoges. Ce périple a pu voir le jour avec le soutien actif de nombreux partenaires, notamment Limousin Business Angels pour cette édition, et la forte implication de Compinnov. En attendant la poursuite de ce Tour de France, la seconde étape a été conjointement organisée avec la région Poitou-Charentes le 21 mars dernier à Poitiers.

Finalement, j’en arrive à poser la question : et quid d’un Tour d’Europe co-financé par des fonds européens ?

Étudiant le Community Funding depuis début 2011, il est fascinant de mesurer combien il permet d’agréger les entrepreneurs, les créateurs, le secteur financier, les gouvernements, les territoires, les acteurs du développement économique et par-dessus tout nous tous, citoyens français ou citoyens du monde que nous sommes.

Personne ne sait aujourd’hui ce qu’il adviendra de la finance participative d’ici deux ans. Ce qui est certain c’est qu’elle va devenir une réelle alternative pour les start-ups et le capital d’amorçage.

Il est à espérer que le dynamisme et la créativité des entrepreneurs, le rôle précurseur de certains acteurs sur le marché de l’amorçage, par exemple les plateformes françaises Wiseed et Finance Utile qui en ont inspiré tant d’autres à l’étranger, seront préservés et même valorisés par un nouveau cadre réglementaire à la fois audacieux, non discriminatoire, tout à fait complémentaire avec les autres acteurs du financement, et assurant le professionnalisme de cette industrie naissante.

Il n’y a d’alternative à une politique économique qui ne soit fondée sur la facilitation de la vie des entrepreneurs, de celles et ceux qui ont envie de créer. En parallèle de la nouvelle bourse des PME plus établies, EnterNext, permettre l’émergence de la finance participative serait pour les autorités le signe d’une volonté de réconciliation avec le monde du capital.

À l’instar de Montesquieu qui observait dans les Lettres Persanes que « ceux qui mettent au jour quelques propositions nouvelles sont d’abord appelés hérétiques », l’exploration de nouvelles voies d’un capitalisme populaire ne va pas forcément de soi pour les décideurs politiques. Parce que comme l’affirme si bien Joseph Aloïs Schumpeter : « entreprendre consiste à changer un ordre existant ».

Fabien Risterucci

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