La note d’analyses d’André Letowski sur l’actualité des TPE, PME et créations d’entreprises

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André Letowski est consultant expert en création d’entreprise. Il publie tous les mois, une note d’analyses sur l’actualité des TPE, PME et créations d’entreprises, sur la base d’enquêtes ou de publications sur le sujet. 

Synthèse de décembre 2015

Le texte développé des analyses figure dans la note mensuelle d’analyses

Ce mois-ci,  cinq axes d’analyse :

  1. La conjoncture de la création d’entreprises et quelques précisions sur les autoentrepreneurs
  2. L’entrepreneuriat
  3. Innovation
  4. Le financement des entreprises
  5. Territoires

 

  • La conjoncture de la création d’entreprises et quelques précisions sur les autoentrepreneurs

La tendance, en termes de création d’entreprise, demeure la même depuis plus d‘un an (hausse de 12% des non autoentrepreneurs et baisse de 19% des autoentrepreneurs), avec une baisse plus manifeste des autoentrepreneurs pour les activités où ceux-ci sont proportionnellement déjà peu nombreux (commerce, hôtels-cafés-restaurants et « industrie »)

Analyse André LETOWSKI à partir des données INSEE

 

61% des autoentrepreneurs ont une autre « activité » ou une autre source de revenu en parallèle.
Ils sont salariés, retraités ou bénéficiaires de RSA, essentiellement dans le domaine des services ; Pour la moitié de l’ensemble des autoentrepreneurs,  le revenu tiré de  cette activité alimente moins de 30% le revenu de leur foyer ;  la moitié ont par ailleurs 50 ans et plus ; si le régime devenait moins intéressant, 48% opteraient pour les formes juridiques classiques, 37% cesseraient et 13% poursuivraient leur activité mais moins formellement.

« Le droit de l’activité », Sondage Opinion Way pour l’Union des Auto-Entrepreneurs et la Fondation Le RochLes Mousquetaires

 

  • L’entrepreneuriat

 

Les français et l’entrepreneuriat

Selon 1 000 cadres de PME et de grandes entreprises interrogés, 37% estiment leur entreprise dynamiques ou agiles, 30% statique et 33% en management non coopératif.
Cette observation visant à observer le lien entre confiance et croissance, est proche quelle que soit la taille de l’entreprise, l’âge ou le sexe du répondant. La dynamique entrepreneuriale serait-elle modérément présente en entreprise ?
« L’indice du capital confiance en entreprise », Confiance&Croisance, Institut Montaigne/Sofres

 

Ceci étant, une majorité des français perçoivent le travail comme une valeur positive, mais aussi comme une nécessité.
La structure jugée idéale pour travailler est plutôt la grande entreprise (23%), la PME (22%), la fonction publique (21%), moins les TPE (15%) ;  pourtant 44% disent avoir envie de travailler comme indépendant (dont 15% tout à fait). Mais les freins bien connus sont évoqués, tels l’incertitude de la réussite, la perte de la protection sociale de salarié, les revenus incertains et faibles et le fait de devoir aller chercher le client.
« Les Français et le travail», Ipsos pour la 17ème journée du livre d’économie, novembre

 

43% de français pensent que leur pays est positif par rapport à l’entrepreneuriat, une perception qui nous classe dans la moyenne européenne (46%) et mondiale (53%)
Les moins de 35 ans sont encore plus positifs avec 53%.
Etre son propre patron, jouir de la liberté de décision, s’épanouir sont les 3 motivations principales pour créer son entreprise, mais 74% évoquent aussi la peur de l’échec.
« Etude mondiale AGER (Amway Global Entrepreneurship Report) 2015 sur l’entrepreneuriat », 6éme édition réalisée par GFK

 

L’entrepreneuriat vu du côté des jeunes

La junior-Entreprise, une modalité pédagogique qui met en contact étudiant et entreprise, en lui fournissant une rémunération modeste et une expérience concrète de l’entreprise.
Les junior-entreprises sont au nombre de 177 en France (dont 38 en université) et sont administrées par 2 600 étudiants ; 17 600 étudiants y ont conduit des missions.
« Les Juniors-Entreprises essaiment dans les universités », Le Monde du 10 décembre

 

79 220 étudiants ont été inscrits dans des modules de sensibilisation en entrepreneuriat et en innovation, 30 722 dans des modules de spécialisation ;  9 159 ont été diplômés en entrepreneuriat ou innovation ; 645 sont sous statut étudiant-entrepreneur.
Ce sont les premiers résultats du programme du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à travers notamment le programme Pépites.
Noter que les étudiants entrepreneurs, aux ¾ de niveau master et plus, sont en grande majorité encore étudiants. Beaucoup plus que l’ensemble des créateurs, ils se préparent à travailler en équipe (88%) et ont majoritairement projet pour développer de l’emploi (57%), là encore bien plus que l’ensemble des créateurs.
« 2éme prix pépite, tremplin pour l’entrepreneuriat étudiant », dossier de presse ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, 7 décembre

 

Le fait de sortir d’une grande école, s’il est très bénéfique pour s’insérer dans l’emploi, conduit peu, à très court terme, à créer son entreprise.
La promotion sortante, enquêtée quelques mois après leur sortie d‘études, est à 69% en emploi ou en volontariat, alors que 17% sont en recherche d’emploi et que 12% poursuivent leurs études ; ces chiffres sont respectivement pour l’avant dernière promotion, interrogée à la même date, de 82%, 6,5%, 10,1%. Les créateurs d’entreprise, diplômés en 2014 et enquêtés en 2015 sont 1,4% des ingénieurs et 3,1% des managers (51% des ingénieurs et 36% des managers sont en phase de projet). Il va de soi que ces observations doivent aussi être faites au moins 5 ans après la sortie de leurs études, pour une juste appréciation de l’impact de leurs études sur le fait de créer/reprendre une entreprise.
« L’insertion des diplômés des grandes écoles, enquête 2015 », Conférence des Grandes Ecoles, juin

 

  • Innovation

 

Au cours des années 2010 à 2012, 53% des sociétés marchandes de 10 salariés ou plus implantées en France, ont innové, au sens large ; 37% l’ont fait dans l’innovation technologique, mais aussi 34% dans l’organisation, 25% dans le marketing et seulement 24% dans des produits nouveaux.
L’innovation concerne plus largement les secteurs de l’information/communication (dont l’informatique), celui des activités scientifiques et technologiques en direction des entreprises et l’industrie, nettement moins le commerce de gros et les transports/entreposage, quelle que soit le type d’innovation.
Au fur et à mesure que la taille des entreprises augmente, il en est de même de la fréquence de l’innovation, quel que soit le type d’innovation : de 46% dans les 10-19 salariés à 81% dans les 250 salariés et plus ; l’appartenance à un groupe d’entreprises ou à une enseigne favorise le développement de l’innovation (60% d’innovantes contre 48 chez les indépendantes).
La moitié des entreprises technologiquement innovantes disent avoir bénéficié d’un soutien financier spécifique, avec de fortes différences selon les tranches de taille (de 38% pour les 10-19 salariés à 71% pour les 250 salariés et plus) ; ce soutien est très majoritairement le fait du crédit impôt recherche. 35% disent para ailleurs avoir bénéficié du soutien d’un partenaire (fournisseur, client, labo, entreprises du groupe)
« Les sociétés exportatrices sont plus innovantes que les autres », Insee Première N° 1521, octobre et « Enquête communautaire sur l’innovation en 2012 », Insee résultats N° 81 économie, novembre

  • Le financement des entreprises

Les retards de paiement ne cessent d’augmenter (13,6 jours de retard en moyenne), la pire valeur depuis 10 ans ; seules 1/3 des entreprises payent toutes leurs factures à l’heure, alors que 60 jours est le délai maximal à compter de la date d’émission de la facture.
1/3 des entreprises sont touchées par des retards de paiement, en particulier les TPE et PME, soit 15Md€ de ressources non mobilisables.
« Réduire les délais de paiement », conférence de presse du 23 novembre, Bercy

 

Une synthèse faite par le Trésor pour comprendre les TPE et leur accès au financement bancaire.
Ce document présente une récapitulation des principales données sur les TPE, à jour à fin 2013.
Les TPE ont recours quasi-exclusivement au canal bancaire pour couvrir leurs besoins de financement : 15% en moyenne y font appel chaque année pour financer leurs investissements, 84% ont obtenu ces crédits contre respectivement pour les PME, 24 et 94%.
9% ont sollicité des crédits de trésorerie, alors que le Trésor estime que 25% des TPE ont une trésorerie difficile ; c’est que nombre de TPE ont renoncé à solliciter les banques (autocensure, risque élevé de refus, volonté de se débrouiller par elles-mêmes), ce qui est bien moins le cas pour les PME.

 

Les banques semblent avoir peu progressé au profit des TPE/PME dans leurs engagements pris en juin 2014.
Les banques ont mis en place une meilleure information, notamment sur le financement de la trésorerie, et facilité la stabilité des conseillers TPE dans leur fonction (un fort turn-over leur était reproché). Mais il semble que 3 engagements aient été peu effectifs :
– Les mesures en faveur d’une réponse rapide (sous 15 jours) : un seul des réseaux bénéficie d’un suivi statistique précis.
– Expliquer le refus de crédit au client TPE-PME : tous les réseaux disent donner systématiquement des explications orales, mais les banques ne disposent par ailleurs d’aucun élément quantitatif sur le nombre ou la fréquence d’entretiens avec des responsables d’agence.
– Indiquer les recours existants : les réseaux ont mis à jour leurs lettres de dénonciation et leurs lettres de refus pour y mentionner les recours possibles (notamment l’existence de la Médiation du crédit aux entreprises) ; en pratique, en cas de dénonciation de crédit, très rares sont ceux qui se trouvent informés de la possibilité par leur banque de Médiation du crédit, lors d’un refus de crédit.
« Evaluation de la mise en œuvre des 5 mesures prises par la FBF pour améliorer les relations banques-TPE/PME », rapport de l’observatoire du financement des entreprises aux ministres Macron et Sapin, novembre

 

La TVA à taux réduit a été très coûteuse pour le budget de l’Etat, sans apporter les compensations attendues.
Le taux de TVA applicable à la restauration a été abaissé. Le coût brut de la dépense fiscale a été en moyenne de 2,6Md€ par an. Cette baisse du taux de TVA a permis une baisse des prix de l’ordre de 2,4% (contre une baisse attendue de 9,8%). Le nombre d’emplois supplémentaires est estimé entre +6 000 à +9 000 emplois par an (contre 40 000 attendus) ; le coût de la mesure peut être estimé entre 175 000€ et 262 000€ par emploi créé, un coût bien supérieur à celui estimé pour les dispositifs de soutien direct à l’emploi (86 000€/ emploi pour la prime forfaitaire à l’emploi sectorielle) ou avec lesquels il coexiste (entre 34 000€ et 42 000€/emploi pour les exonérations de cotisations sociales). Mais cette baisse du taux de TVA a également permis d’améliorer la marge des entreprises, estimée à 1,425Md€ sur les 3,11Md€ de dépenses fiscales en 2012.

 

Pour sa part, le taux réduit sur les travaux de rénovation et d’entretien des logements avait pour objectif principal la création d’emplois dans un secteur intensif en main d’œuvre ; l’effort financier de l’Etat a été de l’ordre de 5 Md€ par an. Le résultat a été la création ou le maintien de 34 000 emplois ; le coût brut pour les finances publiques par emploi créé ou maintenu s’élèverait à 160 000€.
Comparé aux autres mesures fiscales et sociales mobilisées, le taux réduit de TVA semble être un instrument relativement peu efficace de baisse du coût du travail.
« La taxe sur la valeur ajoutée comme instrument de politique économique », Conseil des Prélèvements Obligatoires, Cour des Comptes, juin

 

  • Territoires

 

4 métropoles (ou en voie de le devenir) sont jugées à partir de 60 indicateurs, parmi les plus performantes de France métropolitaine ; ce sont par ordre décroissant d’importance : Lyon, Paris, Toulouse, Bordeaux.
Avec des totaux supérieurs à 525 points, Lyon, Paris, Toulouse et Bordeaux constituent le groupe de tête ; avec des scores compris entre 448 et 480, Strasbourg forme avec Lille, Nantes, Grenoble, et Rennes un deuxième groupe ; avec des scores compris entre 383 et 417 points, les quatre villes majeures du Sud-Est de la France se rassemblent au sein d’un troisième groupe aux résultats plutôt homogènes (Aix-en-Provence, Montpellier, Nice et Marseille). Enfin, avec des scores respectifs de 369 et 317 points, Rouen et Brest clôturent ce classement général.
« Si la qualité de vie semble meilleure à Lyon, la citée rhodanienne n’a cependant pas encore ce statut de ville globale attribuée à Paris, métropole de rang international … inégalée sur le territoire français…Si Paris et sa région représentent à elles seules 30% du PIB français selon les données Insee de 2013, le coût de la vie constitue un frein non négligeable à son attractivité, tant nationale qu’internationale ».
Toulouse doit sa performance notamment du fait de son  «capital intellectuel » (dont le taux d’insertion des étudiants à la sortie de l’université, ou encore la part des diplômes de l’enseignement supérieur long dans la population) et bien sûr du fait des externalités positives liées à la présence d’Airbus.
« Villes d’aujourd’hui, métropoles de demain », PWC, décembre

 

Le point sur l’activité commerciale dans les quartiers difficiles en Ile de France.
Le nombre de commerces dans les quartiers difficiles y totalise 6 661 cellules dont 5 510 en activité (83%), avec 209 polarités commerciales (hors commerces diffus) ; 44% sont dans le 93.
48% des polarités commerciales ne comptent aucune enseigne nationale.
Au-delà de 30% de vacance, celle-ci devient structurelle et participe à la paupérisation.
Pour 50% des polarités, il est constaté un aspect dégradé et/ou vétuste des bâtis ; 68% présentent des dysfonctionnements dans l’entretien et la propreté des parties communes ; dans 76% des cas, aucune animation commerciale n’est réalisée. 54% présentent des besoins d’interventions.
« Etat des lieux de l’activité commerciale dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : phase 3, Ile de France », Epareca/CCI Paris Ile de France, novembre

 

Voir l’analyse complète. 

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