Monthly Archives: Juil 2014

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Le crowdfunding se démocratise en France

Article paru dans la Tribune | 24/07/2014 | Par Christine Lejoux

Le crowdfunding totalise un peu plus d’un million de contributeurs depuis 2008 dans l’Hexagone, d’après Financement Participatif France.

Le crowdfunding a décroché le million. Depuis 2008, date de ses débuts en France, ce nouveau moyen de financement – qui met en relation quasi-directe, via des plateformes Internet, des porteurs de projets en quête d’argent frais avec des particuliers désireux d’investir, de prêter ou de donner une partie de leurs économies – totalise un peu plus d’un million de contributeurs, selon le baromètre publié jeudi 24 juillet par l’association Financement Participatif France. Ces aficionados du « financement par la foule », qui sont-ils ? Les trois quarts d’entre eux sont âgés de moins de 50 ans. Logique, le crowdfunding, né aux Etats-Unis, s’étant développé grâce à Internet et aux réseaux sociaux.

Ceux qui donnent, sur des plateformes comme MyMajorCompany, offrent des oboles de 52 à 61 euros en moyenne ; ceux qui préfèrent investir, sur SmartAngels, par exemple, misent en moyenne 2.036 euros ; et les contributeurs optant pour le prêt, via des plateformes comme Prêt d’Union, consentent des crédits d’un montant moyen de 6.581 euros ou de… 88 euros, suivant que le prêt est rémunéré (entre 4,5% et 9%, en moyenne) ou non. « En franchissant le cap du million de contributeurs, la finance participative marque sa capacité à devenir une source de financement crédible et pérenne de l’économie française », estime Nicolas Lesur, président de Financement Participatif France.

Les fonds collectés grâce au crowdfunding ont doublé en un an

Certes, les fonds collectés via la quarantaine de plateformes de crowdfunding françaises ne pèsent encore que 66,4 millions d’euros, d’après le baromètre publié par Financement Participatif France, au titre du premier semestre. Mais ce montant représente un doublement par rapport aux six premiers mois de 2013. Un rythme « qui ne va pas s’arrêter », pronostique Nicolas Lesur. De fait, la réglementation du crowdfunding – dont les décrets d’application devraient être publiés d’ici à la fin juillet pour une entrée en vigueur le 1er octobre – a justement pour but de favoriser l’essor de cette nouvelle technique de financement, jusqu’alors soumise aux régulations bancaire et boursière classiques, particulièrement lourdes.

Pour mémoire, la réglementation du crowdfunding permettra notamment aux start-up de lever jusqu’à 1 million d’euros via les plateformes spécialisées dans l’investissement en capital, et ce sans avoir à publier l’imposant prospectus d’informations habituellement exigé par l’Autorité des marchés financiers pour tout appel public à l’épargne supérieur à 100.000 euros. Un million d’euros, c’est également la somme que les entreprises et les particuliers pourront emprunter par l’intermédiaire des plateformes axées sur le prêt.

 Un secteur dominé par les plateformes de prêts

Ces dernières représentent l’essentiel du marché français du crowdfunding, avec 37,4 millions d’euros collectés au premier semestre. Au cours de cette même période, Prêt d’Union « a déjà octroyé un crédit à 4.150 Français », pour un montant total de 33 millions d’euros, afin de financer des travaux de rénovation de l’habitat ou encore l’achat d’une voiture, se félicite d’ailleurs le principal acteur du prêt entre particuliers en France, dans un communiqué publié le 24 juillet.

Et si les plateformes spécialisées dans l’investissement en capital arrivent bonnes dernières, avec 9,8 millions d’euros collectés au premier semestre, contre 19,2 millions pour les plateformes de dons, « près de 10 millions, c’est déjà une petite révolution pour le financement de l’amorçage des start-up, en France », estime cependant François Carbone, co-fondateur de la plateforme de « crowdequity » Anaxago« En créant un cadre précis et sécurisé, la réglementation apportera de la crédibilité à notre métier. Nous devrions moins entendre la question « Ce que vous faites est-il bien légal ? » », sourit Stéphanie Savel, présidente de Wiseed, une autre plateforme « d’equitycrowdfunding. »

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La finance participative décolle en France

Article paru dans le Figaro | 24/07/2014 | Par  Danièle Guinot

Au premier semestre, les plateformes de crowdfunding ont collecté 66 millions d’euros, soit deux fois plus qu’il y a un an. Un million de particuliers ont déjà fait un don, financé un prêt à un particulier ou une PME, ou bien encore investi dans une start-up.

La finance participative ou crowdfunding continue de gagner rapidement du terrain en France. Au premier semestre, les plateformes qui utilisent Internet pour mettre en relation des porteurs de projets et des particuliers ont collecté 66,4 millions d’euros, soit deux fois plus qu’un an plus tôt (33 millions d’euros au premier semestre 2013). a indiqué jeudi l’association Financement participatif France, qui fédère les acteurs du crowdfunding. «En dehors du Royaume-Uni, la France est certainement le premier pays d’Europe pour le crowdfunding», souligne Nicolas Lesur, président de l’association, précisant que la dynamique de croissance s’observait dans tous les pays.

Il existe trois grandes familles de crowdfunding: les plateformes de dons, de prêts aux particuliers ou aux PME et les plateformes d’investissement dans des start-up. Comme c’était déjà le cas l’an dernier, les Français ont surtout financé des prêts, le plus souvent avec intérêts. Les plateformes dédiées (il en existe six) ont collecté 37,4 millions d’euros. Prêt d’Union, qui bénéficie d’un agrément bancaire et octroie des crédits à la consommation (entre 3000 et 30.000 euros pendant 2 et 5 ans), est de loin le plus grand collecteur d’argent (il a collecté 33 millions d’euros au premier semestre). La société qui revendique avoir déjà financé 10.000 ménages, rémunère les prêteurs entre 4% et 5% par an. Plus risqués, les prêts aux PME rapportent 9% environ (un pourcentage qui n’est pas garanti).

Les sites de dons (15 sites avec récompense et 4 sans) ont eux collecté 19,2 millions d’euros au premier semestre et les plateformes de capital investissement (prise de participation dans une entreprise) qui financent le plus souvent l’amorçage des start-up 9,8 millions, contre seulement 3,5 millions il y a un an.

44.000 projets déjà mis en ligne

Depuis son introduction en France en 2008, ce mode de financement «par la foule» a convaincu un million de contributeurs, dont les trois quart ont moins de 50 ans, via les 37 plateformes dans le pays, un cap franchi cette année. «En franchissant le cap du million de contributeurs, la finance participative marque sa capacité à se démocratiser et à devenir une source de financement crédible et pérenne de l’économie française», se félicite Nicolas Lesur.

44.000 projets ont déjà été mis en ligne sur l’ensemble des plateformes françaises, dont un quart d’entre eux sur le seul premier semestre de cette année. Les sites de dons ont soutenu majoritairement des projets culturels et solidaires. Ceux-ci ont récolté en moyenne entre 2400 et 3400 euros, selon que la plateforme offre ou non une contrepartie, pour des dons moyens entre 60 et 50 euros.

Les plateformes de prêts (hors Prêt d’Union) ont principalement contribué au financement d’entreprises. Le montant moyen des prêts non rémunérés accordés s’élevait à 650 euros, et à 9900 euros lorsque celui-ci était rémunéré. Les particuliers ont prêté en moyenne 88 euros (prêt non rémunéré), mais 6500 euros lorsque le prêt était rémunéré. Enfin, les sites de capital investissement ont été très actifs dans les domaines de la santé et l’environnement et des technologies.

Des décrets clarifiant le statut et le champ d’action de la finance participative sont attendus fin juillet pour une entrée en vigueur au 1er octobre. Pour les acteurs du secteur, cette réforme devrait permettre d’attirer encore davantage de contributeurs, même si «ce n’est qu’une première étape qui a vocation à être révisée assez vite», explique Nicolas Lesur.

 

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« L’économie collaborative finira par bouleverser tous les secteurs d’activité »

Article paru dans le Journal du Net | 01/07/2014 | Par Flaure Fauconnier

Comment les entreprises traditionnelles doivent-elles s’adapter à cette nouvelle révolution ? Le JDN a interviewé le gourou du collaboratif, présent à Paris pour les Enjeux E-Commerce 2014.

JDN. Quel est l’enjeu de l’essor de la consommation et de l’économie collaboratives ?

Jeremiah Owyang. Nous commençons à peine à nous familiariser avec les médias sociaux et nous devons déjà nous adapter à une nouvelle révolution, celle de l’économie collaborative. Prenez AirBnB et son million de chambres réservées chaque mois. Cette entreprise, passée de 0 à 100km/h en 3 ans seulement, est emblématique de l’ascension rapide du commerce peer-to-peer. Après l’ère d’Internet puis celle des média sociaux, nous entrons dans l’ère de l’économie collaborative.

D’ailleurs Google ne s’y trompe pas, il est le plus important investisseur dans l’économie collaborative. Il a notamment injecté 258 millions de dollars dans Uber en août 2013 puis participé à la récente levée de 1,2 milliard de dollars de la start-up. Entre autres multiples prises de participation dans ce domaine, Google a également investi dans Lending Club.

Si les gens obtiennent ce dont ils ont besoin directement auprès d’autres personnes, quelle est la place des entreprises ?

Je pense qu’elles ont leur place dans l’économie collaborative, qui repose sur un modèle où la création, la propriété et l’accès sont partagés entre les gens et les sociétés. J’y vois un parallèle avec la structure alvéolaire des rayons de miel dans les ruches. La nature les a parfaitement dessinés, ils sont efficaces, résistants et peuvent supporter un poids important car celui-ci est distribué sur toutes les alvéoles. C’est ce qui se passe dans l’économie collaborative. Au centre, on trouve les gens. Ils ne consomment pas : ils fabriquent – c’est le mouvement des « makers » -, financent, mettent en location leur voiture ou leur appartement… Les clients deviennent effectivement les concurrents des entreprises. Elles doivent donc trouver comment s’appuyer sur les alvéoles que constituent les gens pour les engager, se fortifier grâce à eux et gagner en rentabilité.

Quelles sont les industries aujourd’hui « disruptées » par l’économie collaborative et quelles entreprises parviennent à s’y adapter ?

J’en vois pour l’instant six. Les biens physiques, l’alimentaire, les services, le transport, l’espace physique et enfin l’argent.

Prenons l’exemple des biens physiques. Tout ce dont on a besoin est en train de prendre la poussière dans le placard d’un voisin. Pour ma fille de 2 ans, j’ai pris le parti de louer des jouets car il ne me servira à rien de les garder 10 ans. Une plateforme comme Yerdle permet quelque chose de similaire : donner n’importe quel bien physique ou en obtenir gratuitement. Du côté des entreprises traditionnelles, on a par exemple vu Ikea lancer une marketplace où les particuliers peuvent vendre leurs meubles utilisés. Cette initiative contribue à construire sa communauté de clients et à montrer son engagement pour le développement durable, mais crée aussi une opportunité d’up-selling. Autre exemple, celui de Nokia qui publie des fichiers 3D pour permettre aux consommateurs de fabriquer leur propre coque de smartphone.

Et dans les autres industries ?

Dans les produits alimentaires et pharmaceutiques, où on voit par exemple la start-up française Cookening transformer en restaurant les cuisines de particuliers, on peut citer la chaîne de pharmacie Walgreens qui, pour livrer les médicaments à domicile, a noué un partenariat avec TaskRabbit, plateforme sur laquelle les gens se rendent des petits services contre rémunération.

Quant aux services, qui voient apparaître des applications comme en France Stootie, bâtie sur le même principe que TaskRabbit, la firme Coca Cola a eu une idée brillante avec son application Wonolo – pour « work now locally » – qui transforme ses clients en salariés. Le gérant d’une boutique a besoin d’aide pour décharger une palette de canettes et en garnir un rayon ? Pas besoin d’un recrutement à plein temps, un utilisateur de Wonolo qui passe par là va pouvoir rendre ce service contre rémunération. Pour lui, pour la boutique et pour Coca Cola, c’est du win-win-win.

Dans le transport, où par exemple tout un chacun peut devenir chauffeur de VTC grâce à UberPop, de nombreux constructeurs automobiles ont lancé des initiatives collaboratives…

On peut en effet mentionner Peugeot qui au travers de son service de location Mu by Peugeot redéfinit véritablement la propriété. Ou Daimler avec son concept d’autopartage urbain Car2Go. Ou BMW et sa gamme de véhicules dédiée à la location : les villes étant de toutes façons saturées de voitures, mieux vaut vendre une voiture mille fois que vendre mille voitures !

Dans l’espace physique, la valorisation d’AirBnB atteint 10 milliards de dollars alors qu’au contraire d’un Accor, valorisé à peine plus, il ne possède rien. Mais AirBnB fournit une expérience unique, authentique et locale, or parfois on désire ces échanges plus humains. Il existe donc plusieurs raisons pour les consommateurs de s’y mettre. Citons aussi LiquidSpace, qui s’est donné la même mission sur la location court-terme de bureaux et de salles de réunion. Et bien là encore, les entreprises traditionnelles de ce segment, c’est-à-dire les hôtels, ont commencé à s’approprier les modèles collaboratifs. A l’instar de Marriott qui a lancé Workspring, des espaces de coworking que l’on loue à la demande.

Venons-en à la sixième industrie que bouleverse actuellement l’économie collaborative : l’argent…

Les gens créent leur propre monnaie : le Bitcoin. Ils financent des projets en crowdfunding, comme sur KissKissBankBank. Ils se prêtent les uns aux autres sur des plateformes telles que Lending Club. Et ces initiatives sont très puissantes ! Prenez la montre connectée de Pebble. Ce sont 85 000 personnes qui l’ont pré-achetée sur Kickstarter et lui ont permis d’arriver sur le marché avant l’iWatch. La foule a battu Apple ! Je suis d’ailleurs convaincu que le crowdfunding est la forme la plus poussée de la loyauté, car elle signifie un destin commun.

Côté entreprises traditionnelles, la société de déménagement et de stockage U-Haul a lancé un « club d’investisseurs » pour inciter les gens à financer ses propres camions et équipements et à en retirer un rendement régulier. Les banques examinent déjà de près les monnaies virtuelles, j’attends maintenant qu’une première banque lance sa plateforme de crowdfunding.

Quel serait leur intérêt ?

Un projet comme Pebble, très bien financé sur Kickstarter, aurait pu et peut toujours intéresser un banquier. Le crowdfunding présente pour les banques l’opportunité de se rapprocher des très petites entreprises tout en transférant le risque sur le peer-to-peer. Elles peuvent imaginer de prendre une commission, offrir d’autres services payants et, enfin, identifier très en amont les entreprises en forte croissance pour les financer ensuite.

Quelles sont les prochaines industries que l’économie collaborative révolutionnera ?

Tout d’abord l’éducation, car les MOOCs permettront aux gens de se former et d’échanger leurs compétences entre eux. Ensuite l’énergie. Il est encore très tôt et on ne sait pas encore sous quelle forme. Mais on voit déjà cette tendance émerger en observant les projets financés par crowdfunding. La santé y passera aussi et l’on verra les gens commencer à prendre soin les uns des autres. C’est déjà le cas avec l’application HelpAround.co, qui permet aux diabétiques de demander de l’insuline aux autres diabétiques répertoriés, lorsqu’un imprévu les prive de la leur. Un jour ou l’autre, la disruption venue du collaboratif interviendra dans tous les secteurs d’activité.

Quelle est la vitesse d’adoption des services collaboratifs ?

A ce jour j’ai répertorié plus de 9 000 start-up dans ce domaine. Fin 2013, 7% à 9% des consommateurs américains, canadiens et britanniques y avaient récemment eu recours. Fin 2014, cette proportion aura augmenté jusqu’à 12% à 15%. Autrement dit, on commence à se rapprocher des 30% d’usage d’eBay, pour sa part mature. C’est donc maintenant que les entreprises doivent s’y plonger, tant que ces usages sont encore en progression !

Combien y parviendront-elles ?

Elles seront nombreuses à savoir s’adapter. Elles ont déjà beaucoup appris des médias sociaux et les ont intégrés à leur stratégie. Mais elles devront s’organiser. Parmi toutes les initiatives collaboratives que j’ai déjà recensées dans les entreprises traditionnelles, la plupart ont monté un « lab ». Cette structure, à part dans l’organisation, permet de ne pas être entravé par la bureaucratie du reste de l’entreprise. Quant aux entreprises plus petites, elles disposent normalement de l’agilité nécessaire pour prendre plus facilement ce genre de tournant.

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Le budget participatif, nouvelle tendance des villes du monde

Article paru dans Le Monde – Les Décodeurs | 03/07/2014 | Par Diane Jean

« Je souhaite donner les clés du budget aux citoyens », a soutenu Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, mercredi. Ce même jour, elle a lancé son opération de budget participatif, sur la place de la République. Mesure innovante pour la capitale, vecteur de démocratie directe, les arguments pleuvent pour justifier le démarrage d’une telle initiative à la mode.

Qu’est-ce qu’un budget participatif ?

« C’est un processus au cours duquel les habitants d’une ville vont décider d’une partie ou de l’ensemble des ressources publiques », explique Yves Cabannes, ancien coordinateur du Programme de gestion urbaine des Nations unies. « Ils vont prioriser des actions qui seront ensuite exécutées par les pouvoirs publics. »

D’après la coopération au développement suisse (DDC), quatre principes circonscrivent la méthode : réorienter les ressources publiques en direction des plus pauvres, créer de nouvelles relations entre municipalités et citoyens,reconstruire le lien socialinventer une nouvelle culture démocratique.

Anne Hidalgo a évoqué la somme de 426 millions d’euros discutée sur six ans, soit 71 millions par an, somme reprise dans un rapport de Jean-François Martins, adjoint à la mairie chargé du sport et du tourisme. « Ce montant est le plus important au monde pour une initiative de ce type », explique la maire. Mais l’envergure du projet est un peu exagérée.

Porto Alegre et Chengdu, championnes de la catégorie

Dans une vidéo qui date du 5 avril 2012, M. Cabannes faisait déjà allusion à un montant annuel plus important : celui d’une ville… chinoise « avec un budget participatif de 200 millions de dollars » –  près de 150 millions d’euros.

Il s’agit de Chengdu, « ville des hibiscus » et capitale de la province de Sichuan, dans le centre ouest de la ChineL’association de recherche de solutions innovantes Resolis a compté un budget annuel de 270 millions d’euros pour 2014. La municipalité attribue un montant par an à chaque village de la province, en fonction de sa taille et de ses besoins. Six millions de citoyens ont pris part aux décisions locales depuis 2009, d’après Resolis. « La participation directe permet (…) d’améliorer les services publics ruraux et de combler le fossé entre les villes et les campagnes. »

Au niveau du temps, de l’espace et du montant global, le projet de la maire de Paris n’est donc pas le plus important au monde. Autre point de comparaison : la part de budget participatif par habitant, autrement dit la marge de manœuvre de chaque citoyen sur ce type de budget. Ce n’est ni Paris ni Chengdu qui remporte la palme, mais Porto Alegre, ville brésilienne pionnière en la matière (voirgraphique ci-dessous). Elle codécide avec ses citoyens 20 % de son budget annuel.

Le budget participatif est à la mode aux quatre coins du monde

Depuis les premiers exercices de budget participatif en 1989, à Porto Alegre, ville méridionale du Brésil, la pratique participative s’est propagée aux quatre coins du monde : expansion sur le continent latino-américain (EquateurPérouArgentine), des premiers pas en Europe (EspagnePortugalItalieSuèdeRoyaume-Uni,France), en Afrique (Cameroun) et en Asie (Chine). Aucune liste n’est exhaustive.

A la fin de 2013, la Maison-Blanche a relayé le deuxième plan du président Barack Obama pour rendre le gouvernement américain plus transparent. Parmi les mesures dévoilées se trouvent la promotion du budget participatif. Les pays du Moyen-Orient sont les seuls à rester timides sur la question.

Chaque municipalité a ses règles du jeu. Ainsi, un budget est plus ou moins participatif selon la marge de manœuvre accordée aux citoyens, le budget qui leur alloué. Cet instrument se fonde sur une participation volontaire des citoyens à la vie locale. Ces derniers décident, directement, avec les élus de la manière dont sera dépensé le budget de leur ville.

Yves Cabannes considère le budget participatif comme « un cycle à deux étapes »« Lors de la première étape qui dure en général sept à huit mois, les citoyens émettent des propositions de projets sur des quartiers, des thèmes. Ensuite les pouvoirs publics évaluent le coût des desseins citoyens, desseins qui sont ensuite votés par le conseil municipal. » La seconde étape consiste au suivi de la gestion de l’enveloppe jusqu’à la mise en place du projet.

Tiago Peixoto, qui travaille sur l’engagement citoyen à la Banque mondiale, tente de retracer toutes les expériences de budget participatif qui fleurissent depuis les années 2000. Au total, 1 500 municipalités, gouvernements, ou institutions auraient testé ce processus (voir carte ci-dessous). Les budgets participatifs réalisés en ligne sont marqués en rouge, les autres sont en jaune. Les projets à l’essai sont en bleu.

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Le crowdfunding : première place de marché mondiale ?

Article paru dans GoodMorningCrowdfunding | 02/07/2014 | Par  Thomas Roche

Avec près de 5 milliards de dollars collectés en 2013, le marché du financement participatif est en pleine explosion.

Nous constatons que malgré la jeunesse de l’industrie le crowdfunding évolue avec le temps. Partant du principe du don, il est aujourd’hui possible de prêter et d’investir dans les entreprises et ce ne sont pas les seules changements.

Les plateformes américaines

Précurseurs mondiales, les plateformes nord américaines Kickstarter et Indiegogo (pour ne citer que les plus connues) sont devenues en quelques années l’endroit de référence pour trouver le nouveau produit en vogue ce qui transforme peu à peu l’utilisation du financement participatif.

Outre atlantique, le marché est plus mature on constate donc une évolution dans les applications du crowdfunding. Côté porteur de projet, l’aspect communication que peut apporter une campagne prend de plus en plus le pas sur l’aspect financier. Côté contributeur, les motivations ne sont plus forcément les mêmes…

Un mode de consommation différent 

Aujourd’hui, les raisons pour lesquelles le contributeur finance un projet ne sont plus seulement assimilées à la proximité qu’il peut avoir avec le porteur de projet.

Les plateformes de crowdfunding représentent un endroit où le consommateur pourra trouver le nouveau produit et deviennent donc une nouvelle place de marché de référence.

L’apport de ce nouveau canal de distribution vient combler un besoin et peut devenir dès demain l’atout numéro 1 des plateformes de financement participatif.

Beaucoup de sociétés ont bien compris tout l’intérêt d’être présentes sur ce type de plateformes et proposent leur produit en avant première via le crowdfunding.

Verra-t-on une généralisation de la pratique ? Irons-nous prochainement faire nos courses sur les plateformes de crowdfunding ?

Il est difficile d’envisager que les plateformes concurrencent les grands noms de la vente en ligne. Néanmoins si les prédictions du marché se réalisent (1000 milliards de dollars collectés en 2020) il se pourrait bien que la hiérarchie soit bousculée…

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Crowdfunding : de nouvelles mesures

Article paru sur www.tousnosprojets.fr | 01/07/2014 | Par  BPI France

Une réglementation qui se met en place

Suite aux premières assises de la finance participative fin septembre 2013, la réglementation ne cesse d’évoluer. Pour preuve, Fleur Pellerin ancienne Ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation, et de l’Economie numérique a convoqué le 14 février 2014 les acteurs de l’industrie pour annoncer la création d’un cadre légal de la profession.

Les ordonnances ont été présentées le 28 mai 2014 en conseil des ministres.

Les décrets d’applications sont prévus courant juillet 2014.

Don : un assouplissement des règles pour les établissements de paiement

Le don est le mode financement le moins soumis à la nouvelle réglementation.

Le montant des campagnes de crowdfunding reste libre, les porteurs de projets pourront donc continuer à fonctionner comme ils le souhaitent.

L’ordonnance prévoit également un assouplissement des règles pour les établissements de paiement. Cette mesure est mise en œuvre pour favoriser la création de nouvelles plateformes de financement participatif en diminuant les barrières à l’entrée.

Prêt : un nouveau statut (IFP), des règles de transparence et des seuils de montants à respecter 

Le nouveau cadre réglementaire prévoit  la création d’un statut en Intermédiaire de Financement Participatif (IFP).

Les plateformes de financement participatif ne seront plus dans l’obligation d’avoir un seuil minimum de fonds propres.

Le mode de financement du prêt via le crowdfunding sera plafonné à un million d’euros par projet. En pratique, cette mesure ne concernera que le prêt aux entreprises et non le prêt entre particuliers.

La plateforme de crowdfunding devra respecter des règles de transparence auprès du contributeur en l’informant du risque encouru. De plus, elle devra proposer au futur « prêteur » une aide dans la prise de décision.

L’information sur les coûts d’utilisation de la plateforme ainsi que sur les projets non financés viennent s’ajouter aux mesures de transparence.

Enfin les contributeurs ne pourront prêter que 1000€ par projet afin de limiter et diversifier le risque.

Investissement en capital : un mode de fonctionnement assoupli

Dans le même esprit que pour le prêt, la nouvelle réglementation prévoit la création d’un  statut de Conseiller en Investissement Participatif (CIP). Les plateformes de crowdfunding dont le mode de financement est l’investissement en capital pourront exercer sans minimum de fonds propres.

La plateforme devra respecter une transparence sur les coûts d’utilisation ainsi que sur le risque pris par le contributeur.

Tous les projets jusqu’à un million d’euros pourront bénéficier d’une simplification des informations données aux futurs investisseurs.

Enfin, il sera désormais possible d’investir au capital des Sociétés par Actions Simplifiées (SAS).

Un label pour certifier les plateformes

La création d’un label pour les plateformes de crowdfunding qui respectent la transparence des informations viendra s’ajouter aux différents nouveaux statuts.

Un signal fort des pouvoirs publics

Lors de la première fête du crowdfunding Arnaud Montebourg a tenu à rappeler que le gouvernement continuait ses efforts en faveur dufinancement participatif.

Il a notamment annoncé :

  • La Convocation de la deuxième édition des Assises de la finance participative en décembre 2014. Ces Assises ont pour but de constater l’impact des changements réglementaires sur la profession et le cas échéant de la réadapter.
  • La possibilité de créer un fond d’abondement pour les projets en prêt ou en investissement en capital. Ce fond public permettrait au gouvernement d’injecter directement des fonds aux projets qui utilisent le financement participatif
  • La possibilité pour les plateformes françaises de devenir de véritables leaders européens.
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Le financement participatif gagne en légitimité

Article paru dans Les Echos | 30/06/2014 | Par  René Nicol

Ce nouveau mode de financement permet non seulement de rediriger une partie de l’épargne financière vers l’économie réelle, mais aussi de réconcilier les particuliers avec le monde de l’entreprise.

La France vient de publier une ordonnance encadrant le financement participatif (« crowdfunding »), rejoignant les rares pays, pour l’instant les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, ayant donné un cadre réglementaire à ce mode de financement innovant. Si les montants restent encore limités (78 millions d’euros levés en 2013 en France, dont 10 sous forme d’actions), un cap est franchi pour cette activité en croissance rapide qui acquiert ainsi la légitimité lui permettant de figurer de façon crédible dans le panel de moyens de financement offerts aux entreprises.

L’ordonnance a créé deux types d’intermédiaires, l’un pour la souscription d’actions et l’autre pour les opérations de prêts. Leur rôle sera de sécuriser les investisseurs en prenant la responsabilité de la sélection des dossiers, en les informant sur les risques élevés liés à ce type d’investissement et en leur proposant des outils d’aide à la décision. Le texte, qui semble satisfaire les différents intervenants, allège les formalités d’appel à l’épargne, dans la limite d’un montant adapté à des dossiers qui échappent aux circuits de financement classiques. Le chiffre évoqué de 1 million d’euros par dossier sera prochainement fixé par décret.

Le financement participatif doit être encouragé. Il permet non seulement de rediriger une partie de l’épargne financière vers l’économie réelle, mais aussi de réconcilier les particuliers avec le monde de l’entreprise. La proximité entre les parties prenantes étant un gage de réussite, les banques, qui ont connaissance dans leurs réseaux d’une multitude de besoins de financement, pourraient contribuer à l’animation de ce marché. Il appartient désormais à l’Union européenne de jouer un rôle majeur dans la coordination des initiatives de financement participatif. La France devra y prendre une part active pour entraîner l’ensemble de ses partenaires.

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